1974 DAY-BY-DAY

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JANUARY 1974

January 1974, The Floyd has rendez-vous to the King’s College for a writing session. Waters and Gilmour show their titles to Rick and Nick, but in vain. The keyboard and the drummers didn’t like it. A new division between the members of the band appears: the contributers against the performers ... 


Waters :

« We were there, four poor lost souls, waiting God knows who or whatever (...) . I was the only one to offer pieces, which at least one should have pleasing Dave since he brought a beautiful chord sequence: You gotta be crazy. But Nick and Rick didn’t like it: too rough, too personal... Well, then why we should to be here, if both of us wants to make music and two other less ? ».

« Interview w/. Philippe Constantin », June 1976.

18 January 1974 Pink Floyd's first two albums, « The Piper At The Gates Of Dawn » and « A Saucerful Of Secrets », were re-issued as a double LP package titled A Nice Pair. It reached No. 21 in the UK and No. 36 in the US.

The band agreed, at the end of the previous year, to appear on a advertising campaign for the French soft drink « Gini ». A photo session is held in the Marocaan desert. The deal include a French tour.

Pictures by William SILANO for the « Publicis » agency

The band agreed to appear on a advertising campaign for the French soft drink «Gini». A photo session is held in the Marrocan desert. The deal include a summer French tour.

Waters :

« Au début, c'était comme si nous avions gagné un prix, ils voulaient nous donner 50 000 livres pour des photos. Super, fantastique ! Ce n'est qu'après que je me suis dit : A-t'on vraiment besoin de faire ça? »  

« Street Life », Rock & Folk, 1976.


Rick Wright:

« Mais il faut reprendre les choses du début pour comprendre. Steve (manager) était assis sur une plage, et un type est arrivé, qui lui a demandé une photo de pub du Floyd pour Gini. Steve a dit « OK. Ça vous coûtera 50 000 Livres ! » (Information confirmée par le même Steve deux jours plus tard). Et de fil en aiguille, nous nous sommes retrouvés avec un contrat publicitaire, sans en être vraiment informés puisque nous n'étions pas là. D’ailleurs, Steve est notre manager, et c'est lui qui gère les finances du groupe. Qu’il se soit trompé, c'est certain. Nous nous sommes peu à peu aperçus des conséquences  notre nom galvaudé et, qui sait, peut-être notre réputation atteinte aux yeux d'un public frustré. C’est alors que nous avons décidé de faire don de l'argent à l’enfance handicapée, problème que d’ailleurs nous suivons depuis longtemps »

« Echos du Palais », Rock & Folk, August 1974


Ginger Gilmour:

« Gini booked us into the famous La Mamounia Hotel, which previously had been a historical palace of the Rose City, and then converted into a luxurious hotel. As we entered the lobby of mosaics and carved plaster work, a man was walking away down one of the corridors. He had long hair and was wearing a Hawaiian Shirt. I commented to David that he looked a bit like Mick Jagger. David said whimsically, «That may be because it is Mick Jagger!» Being in the presence of all these rock legends was very new to me. I only ever saw them on telly, in a magazine or at a concert. And everything any of us, the normal public, knew about them was from the music papers and gossip. Here I was within their world. Mick was on holiday with his baby Jade and his nanny. Bianca had just left. Later, we were to meet up with him for dinner and a night out (…) After dinner, Mick suggested that we should go to one of his favorite discotheques. He said that David and I should come with him in his car and arranged another taxi for the rest of our party. He suggested that they should follow. Well, his driver drove like he was in Milan and the other car could not keep up. Their taxi disappeared as we drove through the ancient streets. I often wondered if that was intentional and Mick just wanted us. Once we entered the club, Jagger danced most of the evening in the center of the crowd, pawed repeatedly. We watched from our table in the corner. He with raised arms swirled with the music. The rhythmic beat carrying all to a fervor upon their heightened adulation. It was like a scene out of Suddenly Last Summer where Katherine Hepburn’s son was walking up the white streets into the sun with all these men admirers pawing him lustfully to his demise. The local fans devoured Mick and he loved it! When we returned to the hotel, some of the band was in the lobby. They wondered what had happened to us. David just shrugged his shoulders and did a David sheepish smile as we walked away holding hands returning to our room»

«Memoirs of the bright side of the moon», Ginger Gilmour


Roger Waters: 

« Je rentrais chez moi en avion du Maroc et je me sentais très mal (à cause de l'épisode avec Gini), alors j'ai écrit le commencement du texte : « Je vendais mon âme dans le désert », et le refrain, c'est : « Comment te sens-tu, prenant les morceaux de mon âme? Comment, comment te sens-tu? Tu te sens riche? Tu te sens pauvre? Tu sens que ton temps est employé comme il faut ? Comment, comment te sens-tu ? » Ça, c'est le premier couplet.  Et puis: « Les liens sont des actes de complicité / Brisent les illusions enfantines / Comment, comment te sens-tu ? » Non, je me suis gouré, dans le premier couplet, j'aurais dû dire: «Tu te sens bien, tu te sens pas bien, est-ce que tu sens que tu t es fait avoir ? »  Et puis dans le troisième, il s’agit de la nuit et de la peur: «Je me tenais serré par une nuit mauvaise, à moitié dans le noir à moitié dans la lumière. Comment, comment te sens-tu? Tu te sens en sûreté, tu te sens blessé, comment, comment te sens-tu ? » (…) La chanson s'appelle Bitter Love »  

« Floyd Roger », Rock & Folk, January 1976

FEBRUARY 1974

February 1974, Robert Wyatt is working on his solo album « Rock Bottom » in the Manor Studio with Nick Mason


Interviewer: « Comment s'est effectué l'enregistrement de « Rock bottom ». Est-ce que Nick Mason, qui l'a produit, a eu une influence plus particulière sur son élaboration ? »

Robert Wyatt: « Cela s'est fait assez vite. J'ai passé une semaine à la campagne pour enregistrer le piano, la voix et quelques percussions. Puis j'ai apporté les bandes à Londres et Nick s'est chargé de la prise de son des autres instruments. Il m'a quand même fallu plus de préparation que d'habitude. Auparavant, quand j'enregistrais, une partie était écrite avant, mais le reste relevait d'"accidents de studios". 

Tandis que « Rock bottom » représente assez exactement les plans que j'avais en entrant en studio. J'avais écrit pas mal de notes sur un calepin. L'influence de Nick s'est surtout manifestée pour le mixage. Son système de mixage est assez opposé au mixage conventionnel de jazz. Il crée une sorte de "soupe" dans laquelle le solo n'est pas plus important que la rythmique. Tout est mélangé et c'est bien moins bateau et plus plaisant à chaque nouvelle écoute. Je crois que ça a été sa principale contribution, il a mis dans le mixage bien plus de subtilité que j'en aurais mis moi-même »

« Les paroles de Robert Wyatt », Best, December 1974

February 1974, Adrian Maben, director of « Pink Floyd - live at Pompeii » mix the soundtrack in quadraphonic sound on the multi-tracks of the Todd-AO studios, Los Angeles. This mis is intended for future use in the American theater. The mixer is Dan Wallin who mixed the « Woodstock » soundtrack. A stereo mix is also prepared (the original 1972 mix was made in mono by Paul Bertault).

4 February 1974 Time was released as a promotional single in the US.

28 February,  « Ummagumma » get Gold Record by RIAA

MARCH - APRIL 1974

April 1974, on the press communiqué, Gini indicate a Japan and US tour following the French tour


« Du 20 au 26 Juin, en exclusivité pour Gini et à son initiative, le groupe anglais Pink-Floyd (sic) donnera en France sept concerts en première mondiale du spectacle qui sera donné ensuite aux Etats-Unis, au Japon et dans les autres pays européens! »

« Gini Communiqué »

Roland Petit gives a performance of the PF ballet in Moscow where he receives a good public and critical reception. A first contact with the Russian audience for the band.


« Grand succès pour Roland Petit et pour le ballet de l'Opéra de Marseille qui ont achevé mardi soir une semaine de représentations dans la capitale soviétique, dans la salle ultra-moderne du Nouveau Théâtre d'art. La tournée - qui avait débuté par deux soirées à Helsinki - comporte une vingtaine de représentations en U.R.S.S. dans trois grandes villes soviétiques : après Leningrad, la 

compagnie part jeudi matin pour Odessa (...) Deux présentations du ballet Pink Floyd, intercalées en matinée, ont reçu chaque fois un accueil triomphal de la part d'un public étonné et ravi par la nouveauté que revêt pour lui l'alliance d'une chorégraphie moderne avec des rythmes de pop-music, tout à fait inconnus ici »

« Roland petit à Moscou », Le Monde, 19 April 1974

13 April, the very famous Nick Kent’s elegiac article about Syd Barrett is published. It « relaunches » the legend of the Floyd’s founder while, in the same movement, the group is more and more criticized because of his attitude and his grandiloquent approach to the rock show. Maybe that this renewed interest about Syd was the reason of a reissue of his first two solo albums (in a double-package).

24 April 1974  American Première of « Pompeii » at the RKO Albee Theater of Cincinnati

Columbia press kit.

The first LP of Principle Edwards produced by Nick Mason is released in UK.

On 25 April 1974, the sponsor Gini organizes a press event to promote the coming French tour under the Eiffel Tower. With a special Rolls Royce (painted in Pink with a contest to win it), and some customized motorbikes.

« Gini » press kit.

MAY - JUNE 1974

Late Mai Pink Floyd rehearsal their new show with the first apparition of the « Mr Screen ». The band create a new song called Shine on. It was the first track concerned by back projections ‘Storm provides some stills for this track).


Interviewer: « Vous revoilà sur les routes de notre pays, un an et demi après votre dernière visite. C’est plus que bien de vos compatriotes. A quoi cela tente-il ? »

Wright: « Hmmm, c’est compliqué à définir, car beaucoup de motivations sont contradictoires: ainsi, je suis content de tourner, mais en même temps je sens un déséquilibre en moi et un malaise latent dans le groupe, parce que ni les autres ni moi n’étions prêts à affronter un public de cette taille pendant une semaine(…) Notre prochain disques sortira dans six mois et il est en pleine conception. Résultat: un show sans grande originalité, puisque nous ne faisons que reprendre d’anciens titres et deux nouveaux morceaux seulement … »

« Complet », Rock & Folk, July 1974

The new stage set-up including Mr Screen. Photography by Jill Furmanovsky, November 1974

The band uses the first backdrop movies. It will a visual signature for the following years. Since the band saw the work of Ian Emes on One of these days the previous year (see this page for more details), Time is one of the first track chosen.

From left to right: storyboard ad cello for the « Time » animation by Ian EMES

Ginger and David Gilmour and Rick Wright while arriving at Aéroport d’Orly, Paris

Faced with the difficulties of receiving the group and its equipment in adapted places, many French dates are eventually canceled or reported.

The concerts at Cambrai, Lyon, Nancy, Strasbourg and Lyon are cancelled for technical and financial issues. The beginning of the tour is eventually postponed to June, 18th.

Stickers

The audience at the Toulouse’s gig.

18 June 1974 Hall 1, Parc des Expositions, Toulouse, France

Photographies by J.MOYA-ANGELER (left) and Jean-Pierre JEANNIN (right)

« (...) Me voici donc, en ce beau mois de juin 1974,  devenu majeur, libre de mes mouvements sans avoir à rendre compte à qui que ce soit, quand la grande nouvelle intervint. Après The Who au mois de février, c’est au tour des Pink Floyd, dans le cadre de la tournée Gini (oui, la fameuse boisson, ce qui avait fait beaucoup jaser), de se présenter dans la ville rose pour la somme de 25 F la place. 

Me voici donc de retour, quelques mois après, devant la triste entrée du parc des expositions qui accueillait ce concert. Comme pour The Who, je garde en mémoire une attente interminable devant des grilles closes et une bousculade immense pour rentrer. Pink Floyd s’appréciant différemment de nos rockers, il ne me paraissait pas indispensable d’être assis au premier rang, je laissais donc la foule passait pour me positionner en milieu de salle. Le public était différent de celui du mois de février, car très baba cool, peace and love et d’ailleurs très vite une forte odeur de substance interdite envahit très rapidement la salle. Quand les lumières s’éteignirent, c’est une atmosphère littéralement envoutante qui pénétra en moi. J’adorai l’ensemble des productions du Floyd, avait fait de l’expression corporelle sur « Meddle », avait plané sur « Dark side of the moon » et connaissait bien leurs œuvres, y compris celles réalisées avec le regretté Syd Barett (sic). Les morceaux d’ouverture servaient de répétition de leur album qui allait sortir une année plus tard. C’est ainsi que nous eûmes droit aux deux parties de « Shine on you crazy diamond » qui reçurent un accueil triomphal laissant augurer une grande carrière à l’album. S’en suivit un de mes morceaux préférés du groupe « Echoes » extrait de l’album « Meddle » qui provoqua en moi un immense moment d’émotion car j’ai toujours adoré la manière dont était construit ce morceau avec le jeu si particulier de guitare de David Gilmour et le travail fabuleux de Richard Wright aux claviers. Très impressionnant était aussi le batteur Nick Mason avec sa double batterie et ses cymbales. Vint enfin, ce que nous étions tous venus un peu chercher, à savoir l’interprétation intégrale de « The Dark side of the moon », album que tout amateur du groupe possédait dans sa collection. Roger Waters et sa basse brillent de mille feux et la voix de David Gilmour est littéralement aussi planante que sur les albums. Le final avec Brain Damage et Eclipse est étourdissant avec, en particulier, deux imposantes maquettes d’avion* qui partent chacune d’un coin de la salle, se croisent au milieu de la foule avant d’exploser en arrivant sur la scène. Le spectacle venait d’atteindre son paroxysme et bien que commençant à posséder une jolie collection de concerts vus au cours de ces dernières années, je venais d’assister à quelque chose d’incroyable qui me laissa littéralement sans voix.

Le concert se termina dans l’hystérie la plus totale, pour ne pas dire autre chose. Mes vêtements  étaient littéralement imprégnés de l’odeur des joints qui circulaient de partout. Les 15 000 personnes présentes planaient littéralement quand le groupe conclut le concert avec Careful with that axe, Eugene rendant cette soirée inoubliable »

« Souvenirs de Toulouse ! Pink Floyd 18 juin 1974 ! », Ballad into blues, rock and folk of the seventies Website, 12 April 2016.

* Actually, only one


«A veces la perfección tiene estos inconvenientes, el de ser una capa de ostensible gelidez que no loji, atravesar otra  capa igualmente difícil como es la de la incomodidad. Probablemente sucedió esto en Toulouse, viendo a Pink Floyd, con un gentío impresionante cubriendo el Parc des Expositions en  suelo y paredes, en medio de un calor sofocante, con el cuerpo dolorido por la incomodidad de estar varias horas sentado 

en el suelo, apretujado entre torsos desnudos y un fuerte olor a sudor y a humo de dispar procedencia. 

No era, ciertamente, una circunstancia feliz para sumergirse en alma y c JpIritu dentro de la música perfecta de Pink Floyd, música de.-:.anada nota a nota en forma de suaves capas envolventes, con momentos de álgida belleza, cuando la marea sonora lo envolvía todo. En todo momento el público fue  dispar. Aplaudió y ovacionó los números coloristas de gran poder captativo, y silbó ruidosamente los prolongados finales 

(incluso comienzos) en los que minuto a minuto el esquema no variaba, simplemente se diluía y se diluía tenuemente. 

Esto, que en un teatro hubiera podido inundar el sentido más  escéptico y proporcionar la borrachera musical necesaria para penetrar en el nirvana, no fue lo que ocurrió en Toulouse, y  el recital fue una lucha de inteligencias (frías inteligencias)  en torno a un dispositivo escénico increíble y la propia calidad  de Pink Floyd. Por unos u otros no se llegó al contacto con 

el público, lamentablemente.

El cuarteto, apoyado en la segunda parte por dos voces femeninas de color y un saxo, tal y como tenemos en el último LP, interpretó casi con exclusividad piezas de él, su mítico « The dark side of the moon », con unos planteamientos escénicos magistrales para acompañar cada pieza. Si bien en la primera parte no hubo nada en cuanto a escenografía, en la  segunda fue básicamente un lujoso espectáculo, con entradas 

perfectas para temas como "Time", "Money" y "Us and then",  que pusieron en boca de los aficionados la ovación perseguida  y no siempre conseguida.

 Individualmente Pink Floyd casi merece menos adjetivación o análisis que en bloque, porque el grupo es eso, un bloque suma- 

mente compacto y homogéneo que apenas si permite destacar, principalmente cuando no emplean para nada la individualidad de los solos, que es allá donde cada músico se lude al trabajar en solitario. El término "solo", pues, no existió, aun  cuando tanto Gilmour como Wright actuaron muchas veces en plano de solista nato, pero siempre con el grupo detrás o sin 

intención de hacer lo que es tan habitual y que todos conocemos tan bien.

Roger Waters es, ideológicamente, el motor del cuarteto,  aun cuando en escena sean una vez más Gilmour y Wright los más activos. Waters emplea el saxo como contrapunto a Wright y sus teclados, un tanto independientemente de la  acción de Mason a la batería, que campea por sus anchas en una misión netamente percutor y poco rítmica.

Rick Wright, curiosamente casi, es el hombre que forma ritmo y base en la que trabajen los demás, jugando con el enfrentamiento del bajista. Como fondo musical Rick es deliciosamente etéreo, profundo. El y sus teclados crean un mundo de exquisita fantasía... aunque está muy bien apoyado y asistido por la mesa de mezclas, que programa un sinfín de cintas que él, a veces, incluso complementa. Naturalmente esto era difícil de determinar porque Wright estaba total-mente sumergido dentro de su receptáculo de teclados, y sólo se veía su cabeza, por lo cual muchas veces era difícil saber si él producía aquellas notas o era un programa ya establecido. David Gilmour, serio, quieto, parece no tocar la guitarra por mucho que ésta suene y rompa el espacio. Oírle es una de las más deliciosas experiencias que muchos han atravesado, porque su técnica es perfecta en el estilo que practica, manejando muy bien el juego de pedales de sus pies. Prácticamente la parte de mayor contundencia solista le corresponde a él, que es el que se coloca en primer término, sobre la cascada sonora de Wright, el fondo de Mason y el acompañamiento de Waters. Nick Mason es un batería de parecida línea a Keith Moon en los Who. Entiéndase, es menos espectacular y loco, y las bases musicales de ambos son distintas, pero los dos crean un constante repicar de ininterrumpida cadencia en el cual se adivina habilidad y técnica. Aparentemente es el miembro que menos papel tiene en todo el montaje, pero como siempre, los que menos lucen son a veces parte indispensable de todo, y éste es el caso de Nick, que prodigó instantes de verdadera magnitud musical. Vocalmente fueron Roger Waters y David Gilmour los principales responsables. Su voz no es tan buena como en disco pero está muy bien empleada, y cuentan luego con el respaldo de las dos muchachas negras, de impresionante voz, que re-fuerzan totalmente esta parte. Cabe hablar de que la actuación de Pink Floyd es impresionante. Algo increíble. Su show es lo más avanzado que escé-nicamente (siempre hablando de música pop) pueda verse. La pantalla de proyección de películas es una ventana abierta al infinito, allá donde la imaginación termina pomienza el mundo de Pink Floyd, y es éste un mundo de color, luz y sonido. Ellos mismos, ponen música en muchas ocasiones a las esce-nas de la pantalla, en especial en piezas como "Eclipse" o "Us and them", cori un sincronismo excepcional y que no por lo mecánico deja de ser perfecto. Todo este mundó multicolor chocó en Toulouse con ese público frío, influenciado por su incomodidad o por la propia frialdad de ellos, estáticos en la escena, inalterables y serios. Terminó el concierto y tras unos aplausos que no duraron ni tres segundos, todos se levantaron magullados y se fueron, sin más, demostrando que algo no acabó de cuajar... tal vez esa comunicación impedida por las circunstancias. Eso sí, Pink Floyd demostró muchas cosas, su liderato en el orden expe-rimental, su valor en cuanto a los light-shows que ellos popu-larizaron hace años con la llegada del "Psychodelisme", y sobre todo su gran técnica. Las cosas, naturalmente, no siempre salen bien. 

Hubo quien se mofó de los 450 kilómetros a salvar por un buen puñado de aficionados españoles para ver a Pink Floyd. Se habló de una "peregri-nación" en tonó despectivo. De desorbi-tar las cosas. No se acordaban de los centenares de trenes de la British Rail-ways que llevaron a Wight a cientos de miles de aficionados. Ni de los días vivi-dos por miles de jóvenes al borde de la carretera esperando llegar a tiempo a Woodstock. Lo de Toulouse fue un viaje centella. Carretera-música-carretera. Casi sin tiempo de apercibirse que se había pisa-do Francia. De Barcelona salieron tres autocares, uno de ellos con comenta-ristas musicales. Y de Irún salió un cuar-to autocar con treinta intrépidos aficio-nados. Estos habían salido bajo el im-pulso del programa "Club 44" de Radio Popular de Gijón, que dirige Gregorio Gálvez. Fue un viaje sin lucro alguno. El ae Barcelona gozaba de una lógica comisión para cubrir riesgos y procurar lograr algún beneficio Añadamos éstos algunos aficionados y críticos que viajaron por su cuenta en automóvil (aprovecharon na• ver cine y hacer compras) y casi podemos decir que en el Parc de Exposítinns de Toulouse 59 podía -espirar un ugeí a olor 'asparía. El local del concierto era una amplia nave, como un hangar, donde habitual :riente se celebran ferias de muestras. Pocas nuertas. muy vigiladas, que salte-a. :mit los aires en dna pequeña batalla an; al a base de adoquines. La nrnta--orizaran los aficionados que no podían entrar tior falta de tickets. El concierto -,Inenzó con todas las ~erras baya la vigilancia, an el anterior, le .arios camiones de la Gendarmería, u un ,,erros policías a Pardo Sentados en al suelo. más de seis ! Personas. La me, mpaidad era no---ría y eso influyó en el público. que no pudo disfrutar ta a gusto coma ea .jr, Pala,io de Deportes, con sillas, de Sa música de Pink Fioyd. Resultó tanto kafkiano ia dureza del suelo (mole e-,3(;) dioverse de su posición en dos horas y media) contrastando con la exquisitez musical ofrecida. Más incómodos todavía, cientos de "gars" montados sobre los salientes de las paredes. Con treinta minutos de retraso, Rick Wright abrió el concierto. Serio, como todos sus compañeros, aunque Níck Mason fue algo más efusivo que el resto del grupo. A Roger Waters le po-dríamos calificar del más cálido y extro-vertido, mientras que David Gilmore po-dríamos decir que se desenvolvía con el ceño casi fruncido y con una austeridad de movimientos asombrosa. Pare-cían luchar con su imagen física, con la imagen de los aditamentos que cons-tituían el show. Su show no era inter-pretativo como el de E, L & P (tocar con el órgano por los suelos, etc !, eso quedó bien claro. Nada de actitudes provocativas. El espectáculo visual es-taba en las luces y demás efectos. Las luces se repartían en dos grandes compleios tras el escenario, do-minados ,•or parrillas con focos de color verde, my), azul y blanco, que ¡Ligaban ofreciendo siempre Imágenes al uz. Er. la sala, cuatro ¡n'egos de dobles ...nones, completaban efectos. Estos •.ailuiles te niovieron con gran supura en h; "batalla aérea nunto ininan,e del show. Aqui, el sintetizador trabajó sólo, sobre un pr.-grama, para ofrecer la ima gen Je una batalla aérea. So nido perfecto, impresionante, muy ello, eommi.tado por !a imagen del ras-treo Je! ..aeio por los focos y la proyec -'^n de unos osclioscupios, también orogramadris, que transportaban al es-pectador a un cosmos cibernetico y enigmático, del que despertó cuando InS gigantescos aviones sotrevnlaron la sala para estallar er el escenario cor eatiuendo 1,irotecnico ...imana . entra' aparecian AlaaJes ;.maradas. Lsta ....,,_aria central sirvio para enroque cer P. show levitaiido el cansancio del ,..pectador ante la rigidez de 'os ins-t,mentistasi ofreciendo soberbias maciones surrealistas de acuerdo con el tema que se estaba tocando. Unamos a estos efectos lo que po-dríamos llamar la "pentaphonia" acús-tica y la niebla química que invadió el escenario en la segunda parte, y hemos de convenir que el espectáculo fue total. El más completo de cuantos se ofrecen hoy día. Y hemos de tener en cuenta que podía haberse redondeado insuperablemente con la participación coreográfiCa del ballet que para algunos temas concibió Roland Petit el año pasado (y que en sus actuaciones en Marsella pudieron verse). Cuando todo esto ocurría, algo así co-mo una docena de los críticos que ha-bían sido invitados por la editora de Pink Floyd para ver el recital, estaban fuera del retinte (algunos a medio centenar de matros, donde ya nada de música podía oírse), eharlando de sus rollos demás. Pude verlos al salir al exterior unos minutos tras la media parte, bebiendo cerveza y viviendo totalmente ausentes al concierto. ¿Qué habrán dicho esos personajes del concierto? Qué pueden 'leca si nada vieron ni es-cucharon? Algunos de ellos fueron invi-tados desde Madrid. Un largo viaje .9e esos clásicos amigos dei ,.apee y la'fan zusmada, para nada, absolutamente nada. pi tilico francés (había gente ve-nida incluso desde Montpellier, a 300 kilómetros) v el español, reaccionaron tavnrsLieo,enre aunque no efusivamei 7) Estaba insadc v. además, el fiancés ou es hombre -le ,argos aplausos, exc?.pto en casos como el de The Who. Si la salida. descubrimos en la ca-rretera cómo se iba destejiendo la concenvación le público Un aficionado nos aviso, en una gasolinera, de que -..acla martes se organizan conciertos pop en mlnuse en e' Parc d'Exposi-bolis Creo aue seria cuestión de he-cen un ;.aiendar9 de estas actuaciones. Me apunto a nuevos viajes.. sr'-'e la gasolina! » 

« Pink Floyd au grand complet », Extra, July 1974

Trucks used in France

19 June 1974 Les Arènes, Parc des Expositions, Poitiers, France

Photographies by Jean GAUMY

« Une musique torrentielle, démentielle, des diapos apocalyptiques projetées sur un immense écran de form ovoïde, des petards explosant autour de la scène, des fumées vomies par le podium; avant-hier soir, au palais des expos de Poitiers, les quelque 12 000 jeunes qui étaient venus de la France entière pour voir Pink Floyd le groupe pop anglais le plus « fabuleux », en ont eu pour leur argent (26F)* : Pink Floyd, que l’on avait eu l’occasion d’entendre à Poitiers, il y a un peu plus d’un an, a donné avant-hier soir toute la démesure d’une machine qui est peut-être en train de dépasser les quatre « dieux » qui l’ont mise au point.

Depuis Poitiers 73, la cote de Pink Floyd n’a cessé de monter pour atteindre une sorte d’apogée avec le « tube » de l’été dernier, Money, du 30 centimètres « Dark Side of the Moon ». Le chiffre (approximatif) de 12 000 spectateurs s’explique aussi par le fait que pour sa tournée française 1974 « en avant-première mondiale », dit la publicité, Pink Floyd ne donne que sept concerts dont trois à Paris (les 24,25 et 26 juin) affichant déjà complet. Côté spectacle, on a pu noter la parfaite mise au point d’un système porté à son point culminant, jusqu’à atteindre les limites d’une rupture: rupture entre le jeu scénique, classique, pourrait-on dire, de quatre garçons frères qui ne sont plus capables de se dépasser (et à qui il manque peut-être l’âme du fou de génie qu’était Sud Barrett),e t le volume sonore extraordinaire des bandes préenregistrées constituant une véritable agression (…) »

« 12 000 jeunes au concert de Pink Floyd », La Nouvelle République, 21 June 1974

* Actually, it was 25 Francs

The following concert, planned at Lyon was cancelled for technical issues.

Set-up and soundcheck

21 June 1974 Hall 1, Palais des Expositions, Dijon, France

Le « Pink Floyd » à Dijon. Cette simple phrase, il y a quelques semaines, aurait fait naître quelques sourires ironiques. Pourtant, hier, Dijon avait le privilège d'accueillir le grand « cirque du Pink Floyd ».

Gilmour, Masson, Wright, Waters, quatre noms, quatre musiciens au talent incommensurable et à la musique géniale.

Mais surtout, le « Pink » c’est un véritable studio ambulant où les watts se comptent par milliers et les décibels par centaines. Dans la salle du palais des Congrès, on comptait hier soir la plus forte concentration de tissus en jeans Levis au mètre carré que l'on pouvait imaginer. 10.000, peut-être plus, jeunes à « l'enthousiasme calme ». Public de connaisseurs qui était venu là pour entendre et voir.

Le spectacle du «Pink Floyd » se compose en effet de deux parties bien distinctes. La première fait appel au son et aux jeux de lumière. La seconde ajoute une projection cinétique sur un gigantesque écran circulaire de quelque 15 mètres de rayon. Le tout, bien sûr, couplé à la musique. A 21 heures précises — ils ne sont pas anglais pour rien — le noir se fait. Puis un jeu de rayons colorés, verts, bleus, rouges, et roses anime l'espace.Des ombres muettes s'agitant, puis un grand « schplaf » de lumière crue explose et la musique naît. Un grondement sourd, des sons qui enflent, roulent, se déchirent, meurent. Sur la scène les musiciens du Pink Floyd n'ont pas besoin de costume en lamelles dorées et paillettes d'argent. Pour leur costume à eux c'est uni tee-shirt et un « jeans ».

Le reste, tout le reste, est pour la musique. Une musique forte, vraie, puissante, qui prend le spectateur, l'envoûte et le tient pendant les deux heures et demie du spectacle. Tout dans le spectacle du Pink est construit, pesé, ordonné. Le défoulement vient en sus lorsque le happement de la folie de la musique se fait trop fort. Une folie qui fait de 10.000 têtes une mer houleuse vibrante et colorée. 10.000 jeunes pour un événement, 10.000 unis dans une même communion, qui brûle et encense tout à la fois les données d'une vie contemporaine houleuse.

Dieu, le pape, les hommes politiques, tous sont effacés alors que leurs figures apparaissent sur l’écran, enfantée sur la scène par le « Pink ». Un soleil se lève alors et le synchronisme entre l’image et 'la musique se fait. Et c’est «Money » Argent. Un immense déclic. Une ovation gigantesque monte et explose. L'apothéose, comme tout feu d'artifice magique bien ordonnancé arrive et la lumière s’éteint. Les idoles quittent leur piédestal, et la foule suit, s’éparpille dans la ville endormie. « Le Pink Floyd » était hier à Dijon, et le mirage de cet événement n'est pas près de s'estomper»

«Le Pink Floyd, 10 000 personnes, un grand spectacle», Les Dépêches, 22 June 1974


«Plein les yeux, plein les oreilles, et surtout plein le cœur : c’est le Pink Floyd. Une révolution tranquille A base de décibels et d’ampères, une révolution menée par quatre millionnaires en jeans : c’est encore le Pink Floyd. 10.000 personnes ont partagé leur cause, hier soir, sous le hall du Palais des Congrès. Mais rassurez-vous : il n'a pas été besoin de lâcher les chiens aux trousses des mélomanes de notre temps ! Et la prochaine fois, les méchantes langues feraient bien de se tourner plus de sept fois en bouche avant de proférer un son...

Car on avait dit pis que pendre du concert de Pink Floyd à Dijon : la pègre crasseuse serait là, les chaînes de vélo aussi, et la vertu de nos filles en prendrait un rude coup ! Désolé. Ou plutôt pas du tout : les spectateurs du Pink, s’ils portaient le poil long, si le teeshirt prolongé du jean leur servait d’uni forme, n’en sont pas moins resté dignes de la musique. Finalement, entre un concert de Beethoven et un concert pop, il n’y a jamais qu’un smoking de décalage. D’ailleurs, ces jeunes à qui l’on jette d’emblée la première pierre (sans se soucier de la seconde !) vous les connaissez bien. Car c’était votre fils. Vos filles. Et soyez en sûrs, ils sont restés bien sages î On le comprend d'autant mieux que la musique du Pink n’a rien du Hard-Rock ou du pop distillé à la petite semaine. Non. Entrer dans leur univers sonore, c’est un peu entrer en religion. Goûter du bout des lèvres ce goût étrange venu d’ailleurs (publicité non payée) puis s’en gaver à grands traits. Leur musique est celle de nos jours. D’une infinie tendresse parfois, elle s’achève dans la cataracte d’une violence inouïe, soulignée par la lune pile d’un projecteur ou les soleils déchirants des sunlights.

Le reste ne se raconte pas. L’orgie de moyens techniques mis en œuvre pour le spectacle (55 techniciens et des tonnes de matériel) ni le délire d’énergie spirituelle que dépensent les quatre musiciens du Pink. Non, tout cela ne se raconte pas. A moins que dix mille Dijonnais vous le racontent ce matin, à leur manière. Et ce sera la meilleure … »

«Pink Floyd, plein le coeur», Le Bien Public, 22 Juin 1974.


«La scène est haute de plusieurs mètres et, de derrière, on ne voit que des amplis et des baffles, encore et encore. Tout ce matériel empilé avec une parfaite logique ressemble à un géant inhumain. C'est la confrontation du mythe face au musicien bien vivant avec qui l'on peut parler et plaisanter, comme on le fait tous les jours avec n'importe qui. Le concert, lui, reste un événement exceptionnel dont on rêve et que l'on attend longtemps avant. C'est cela le mythe. Un mécanisme qui se démonte aussi facilement qu'un moteur. Derrière les tonnes de machines à kilowatts, se dresse un gigantesque écran circulaire, assez surélevé pour qu'on le voie parfaitement de n'importe quel point de la salle. La principale innovation du Floyd réside en effet en un film, projeté de manière intermittente au cours du set. Disons plutôt: bribes de film, car il s'agit là d'un travail de collage dont la valeur esthétique naît des cassures et de la discontinuité. L'idée n'est pas neuve, et le projet ambitieux. (…) Plongé dans la contemplation de ce grand écran, je n'ai pas le temps de poursuivre ma rêverie car une ovation plus immense encore que les précédentes secoue le gigantesque hangar : Pink Floyd est sur scène et joue, déjà, le premier des deux nouveaux morceaux qu'a mentionné Rick Wright. Très long comme à l'habitude, écrit par Roger Waters et David Gilmour, ce titre (qui n'en porte pas encore, mais rien ne presse...) est articulé autour d’un riff de guitare de David et construit sur trois temps successifs qui constituent une progression, tout en conservant une unité parfaite. Le tempo est lent, le groupe suit la Stratocaster de Gilmour, cette guitare dont sortent des sonorités souples et déliées et que son propriétaire caresse avec une dextérité attestant un travail rigoureux et suivi. Car David Gilmour est bien meilleur qu'il y a seulement un an, à tel point même qu'il est devenu charpente et agrément du Pink Floyd tout à la fois. Le riff de ce morceau agit comme toutes les bonnes trouvailles. Il frappe par sa simplicité, son harmonie accrocheuse, son caractère évident: une heure, deux heures après le concert, il sera dans toutes les têtes, jusqu’à ce qu’une nouvelle audition rafraîchisse la mémoire de chacun, redonne du plaisir et assure une pérennité que perpétuera le disque pour toujours. Roger Waters chante, à présent, et l'on comprend d'un coup ce que signifiait Rick Wright lorsqu'il évoquait le manque de préparation du groupe : les parties vocales flottent nettement et ne sont pas en place. Dommage, après un départ aussi magistral. David et Roger se regardent alors, cherchent peut-être un déclic qui ne vient pas ? Non. Il ne s'agit pas de cela... car je connais ce regard et il annonce autre chose. Rappelez-vous ce cri dans Careful with that Axe, Eugene. Ça y est, le Pink Floyd décolle ... Voilà le second temps du morceau, beaucoup plus rock, plus équilibré aussi car l'orgue jusqu'à présent fort silencieux se fait un peu entendre, soit qu'il plaque des accords sereins, vibrants comme des grandes orgues dont il évoque parfois la sonorité, soit qu'il lance des notes isolées, plus électroniques celles-là, qui rejoignent celles de la guitare et font corps avec elles.

La musique classique fascine Rick Wright, qui s'identifie à elle de plus en plus. «Je peux comprendre et sentir le rock'n'roll, mais tout a été tellement rabâché que je n'en écoute pratiquement plus. Il faudrait réinventer le rock maintenant. Seulement comment innover sur les mêmes riffs, et qui peut le faire ? »

Jamais, pourtant, on ne verra l’organiste prendre les rênes de l'équipage, les commandes de ce nuage qui nous emporte tous. Rick Wright ne donnera pas de ces longs et délicats solos, comme il le faisait autrefois, ces envolées qui créèrent le «Sound» Pink Floyd. C'est regrettable, même si Gilmour offre trois, quatre chorus magnifiques dans le même morceau. Passage à vide, simple évolution ? De toute façon, il faudra attendre la version définitive, celle du disque (dans six mois) pour juger.

Après un bombardement acoustique très revigorant (rock, rock, rock...), retour au riff de départ, douce re-descente de ce qui est déjà un grand morceau. Le second titre se situe dans la veine de premier, mais il est moins accrocheur et plus « difficile ». Disons que ses mouvements, sa logique, son pouvoir propre et sa grâce harmonique n'apparaîtront que plus lentement, au fil des concerts de Colmar et de Paris.

Bien sûr, ces deux créations sont plus importantes que ce qui leur fait suite, car elles sont le miroir du Pink Floyd contemporain, celui qui travaille dans les studios sans souci de sa gloire passée et se voit affronté aux problèmes du dépassement de lui-même, s'il veut stupéfier encore. L’évolution est certaine, dans deux directions : plus grande contribution de la guitare d'abord, donc transformation du son, poussée plus loin encore que ne l'était celle de « Dark Side of the Moon » par rapport à « Meddle ». Franches retrouvailles (épisodiques) avec le rock ensuite, ceci expliquant de toute évidence cela. «Echoes» a atteint son degré maximum de maturation, c'est la sensation qui frappe d'entrée de jeu, et c’est aussi l'opinion des musiciens qui le jugent «facile à jouer» (Nick Mason), maintenant qu'il a plus de quatre ans d'âge (eh oui, déjà...). Parce qu'il a souvent été interprété sur scène, «Echoes» possède une assise qu'on ne distinguait pas au cours des morceaux précédents, rendus cependant plus passionnants, en raison de leur nouveauté et de l'évolution dont ils sont porteurs, que ce titre exécuté avec brio et sans faille, mais déjà tellement entendu ! Largement développé, davantage même que sur l'enregistrement, c'est à un Echoes trituré, malaxé, refondu, que l'on à affaire. Aucune hésitation, une aisance désarmante, la clef de voûte du concert va arracher au public un cri de joie qu'intensifie la surprise des premiers flashs du film.

Après une pause de quelques minutes, seconde partie. Cette fois, c'est l'intégralité, largement étayée, une fois encore, de « Dark Side of the Moon » qui va être jouée. Peu de différences avec le disque en vérité, hormis que, sur ce dernier, les choristes chantaient juste (celles-ci sont très gentilles mais auraient aussi bien fait de rester avec Humble Pie...). Les contre-chants de Dick Perry au saxophone, sur « Us and Them », n'ont rien non plus de particulièrement renversant. Bon enchaînement, par contre, de «The Great Gig in the Sky » à « Money», tout en souplesse, pendant que passent sur l’écran les images les plus invraisemblables. Pêle-mêle un crucifix en feu, un défilé d'horloges (I), de gros plans sur Brejnev, Giscard d’Estaing, filmés au ralenti, ce qui les rend encore plus drôles qu'ils ne le sont en réalité, et le sommet : le visage de Charles «crazy rock'n'roll» de Gaulle, alternant avec celui d'un poisson rouge... La béatitude totale plane sur les derniers accords de « Eclipse », gavant une salle déjà ravie par plus de deux heures de musique. Le rappel dure vingt minutes, au terme desquelles Pink Floyd joue un « Careful with that Axe, Eugene » qui évoque des temps déjà plus anciens... Pas mal pour des musiciens affolés parce qu’ils n'étaient « pas préparés »»

« Echos du Palais », Rock & Folk, July 1974


«Paris, après cela, ne devait qu’être la répétition presque identique des concerts précédents. Seule exception : « One of these Days » remplace « Careful with that Axe, Eugene ». Un peu plus de cohésion, peut-être, d'attention, parce que « c'est Paris». Trois fois, le Palais des Sports sera bourré, et personne, face à un show tellement au-dessus de la moyenne, ne se préoccupera de savoir s'il y a ou non des pancartes Gini dans la salle, annihilant ainsi les craintes les plus secrètes du Pink Floyd. Évidemment, la Préfecture de Police a encore envoyé dix mille flics, alors bien sûr, il y aura des bagarres entre ces hommes lunaires qui - maigre consolation - doivent tout de même sacrément transpirer dans leur ridicules tenues, et les centaines de kids de tous âges qui n'ont pu trouver de place à aucun des trois concerts. Quelle foule ! Les Rolling Stones n'auraient pas attiré plus de monde, et pourtant, Dieu sait que ...

Ces quatre Anglais seraient restés une semaine, quinze jours, que les guichets auraient fermé après trois jours, tous billets envolés, comme cette fois-ci. Alors, au-delà d'un sévère reproche, comment n'être pas heureux qu'une pareille musique se soit frayée un chemin partout dans notre pays, comment n'être pas heureux que Pink Floyd soit aimé dans toute la France ? »

« Complet », Rock & Folk, July 1974


«(…) Ce vendredi 21 juin, premier jour de l’été, je me retrouve avec plusieurs milliers de dijonnais et autres bourguignons assis à même le béton poussiéreux de la Halle du Parc des Expositions pour assister à mon premier concert de rock, ce show - jugé à l'époque comme gigantesque et futuriste - du Pink Floyd.

Je suis bien loin de la scène, même si le fait que le public restera assis ou même littéralement vautré pendant tout le set permet une vue bien dégagée sur la grande scène où officient Waters, Gilmour, Wright et Mason parmi ce qui me semble alors une montagne de matériel. Après une très longue intro inconnue (je connais pourtant sur le bout des doigts la discographie du Floyd), on attaque les choses sérieuses : Echoes, l’un de mes morceaux préférés de toute la déjà longue discographie du Floyd. Pourtant, j'ai du mal à me laisser emporter par la musique comme j’y parviens pourtant si facilement dans l'intimité de ma chambre de lycéen avec ma modeste chaine stéréo de lycéen : c'est que le son est mauvais, pas assez fort, confus, pourri par cet espace si peu adapté aux belles émotions que le groupe sait (savait ?) faire naître. Je découvre donc du coup que la malédiction de la musique que j'aime, en ce milieu des années 70, c'est d'être reléguée honteusement dans des lieux qui n’ont vraiment rien d’hospitalier, ni pour la musique, ni pour les spectateurs, traités systématiquement comme du bétail.

Et puis, c’est l’entracte. Oui, une entracte, comme au cinéma. Bon, je veux bien. Alors j’attends comme tout le monde, inconfortablement assis sur le béton dur et poussiéreux. Le groupe revient, il y a un écran rond assez spectaculaire qui s’illumine au dessus des musiciens, qui ont maintenant été rejoints par un saxophoniste et des choristes (à ma grande rage de puriste...!). «The Dark Side of the Moon» commence, et l’album sera joué dans son intégralité, et dans l’ordre. Je fais contre mauvaise fortune bon cœur, après tout, c’est mon premier concert, il faut que j’en profite, non? C’est quand même assez beau, tout cela, même si j’espère encore un retour vers le passé chéri. Le rappel, et enfin... Careful With that Axe, que j’adore, avec le cri de Waters, que j’entends pour la première fois «en vrai». Et là, oui, c’est le bonheur. Mais c’est déjà fini, il est déjà temps de galérer plusieurs heures pour rentrer chez moi, en train, au Creusot. C’était donc mon dépucelage ... »

«Pink Floyd - Vendredi 21 Juin 1974 - Parc des Expositions (Dijon)», Une vie de concerts Website, 10 November 2013


In the afternoon, the band played a football game with the French reporters and friends

Photographies by Philippe GRAS

22.06.1974 Théâtre de Plein Air, Parc des Expositions, Colmar, France

« Une ville de 60 000 habitants soudain envahie par une troupe pacifique de 15 000 fidèles, tous vêtus de blues jeans et de battle dress, portant sur le chef chapeaux aux formes indéfinissables ou larges foulards bigarrés, une ville de 60 000 habitants qui n'en croyait guère ses yeux. C'était samedi soir le concert des Pink Floyd à Colmar, un des quatre rendez-vous de leur tournée française ».

« Pink Floyd à Colmar en 1974 : 15 000 personnes », Le Républicain Lorrain, 24 June 1974.


« A Colmar. Pour accéder à la salle, il faut d'abord traverser un vaste champ, no man's land cerné de grilles autour desquelles des centaines de freaks sans billets, mollement allongés, regardent le ciel. La scène de Colmar diffère radicalement de celle de Dijon. Elle est beaucoup plus petite. Les spectateurs, eux, sont assis sur les gradins d'un amphithéâtre (pas universitaire, non...) dont seule la partie centrale est recouverte d'un toit, ce qui laisse deux larges allées en plein air. On aura donc droit à un morceau de coucher de soleil mis en musique. L'ensemble très décontracté propage de superbes vibrations qui intensifient la douceur de l'air et la joie précédant l'arrivée des musiciens, ces minutes si rares où la perspective du proche futur est totalement heureuse.

Le concert va être grevé d'ennuis techniques en tous genres : David Gilmour, aux pieds duquel est installée une savante machinerie servant au contrôle des sonorités de guitare, passe une bonne partie de son temps accroupi sur la scène, car un mécanisme est cassé, qu'un ingénieur du son doit réparer sur le champ. Cela n'empêche personne d'écouter attentivement ces deux nouveaux morceaux dont l'absence de titre est décidément bien gênante. Pour moi, cette seconde audition amplifie ce que j'avais ressenti pendant la première. Bien qu'il ne soit pas question d'un nouvel album live, Pink Floyd referait-il le coup d’ « Ummaguma » ? 

Roger Waters disait après le concert que Pink Floyd avait été bien mauvais ce soir-là. Évidemment, il n'a pas pu juger sur pièces les fruits de son travail, car, pendant que 2.000 personnes en chaleur rappelaient le groupe, lui regardait un match de foot à la télévision … »

« Echos du Palais », Rock & Folk, July 1974


Philippe Manoeuvre (French rock critic):

« Quand Pink Floyd est venu jouer au Parc des Sceaux*, ils ont décidé de donner trois interviews pour la France. Quand ils ont vu que l’on était pas sur la liste soumise par leur maison de disque, ils ont dit : Rock n’Folk était là en 1967, si le journal existe toujours, on veut les rencontrer … Et ils ont même acheté deux pages de pub, sur leurs deniers personnels … »

« Philippe Manœuvre : « J’ai 5 000 disques auxquels je tiens profondément » », Le Progrès de Lyon (Website), 29 July 2012

*Actually, the Parc des expos


Patrick Georgenthum:

« Quand Thierry Rohmer* m'a dit qu'il allait faire Pink Floyd à Colmar, je lui ai dit: "Mais oui, bien sûr! ... " C'était inconcevable ! Mais quelques semaines plus tard, j'ai vu l'affiche du concert dans la vitrine du magasin". Le 22 juin 1974, le jour du concert, "c'était chaud. Je n'ai jamais vu le théâtre de plein air comme ça »

« Documentaire - Quand Pink Floyd et Genesis jouaient à Colmar », L'Alsace, 11 June 2013

* Thierry Rohmer was the Colmar’s concert promoter

Nick Mason photographed in Paris by K.E Siegfried for « Bravo » magazine (Germany)

The band get a platinum record disc for 500,000 LP sold in France

Photographies by Thierry BOCCON-GIBOD

24.06.1974 Palais des Sports de la Porte de Versailles, Paris, France

Photographies by Philippe GRAS (left) and Jean-Pierre LELOIR (right)

Photographies by Philippe GRAS

25 June 1974 Football game between French journalists, Pathé-Marconi crew and the band in the Bois de Boulogne, Paris.

Palais des sports de la porte de Versailles, Paris.

26 June 1974 Palais des Sports de la Porte de Versailles, Paris, France

Photographies by Jean-Pierre LELOIR

« Situé bien à part dans l'univers pop avec son " rock spatial " comme l'appellent les Anglais, avec sa musique entre le rêve et la science-fiction aérienne, structurée, épurée dans les formes, délire de sons et de lumières,  le Pink Floyd fait salle comble pour trois soirs au Palais des sports. Cela n'est pas nouveau.  Les "musiciens de cœur", comme ils se nomment eux-mêmes, ont toujours été accueillis chaleureusement en France. Cette fois-ci pourtant le groupe, connu pour sa rigueur, n'était pas vraiment prêt à  faire cette petite tournée sur le continent.

Depuis près d'un an et demi, les quatre membres du Pink Floyd n'ont donné que trois concerts. C'est qu'avec le temps qui passe - ils vont bientôt avoir la trentaine - avec le succès aussi, les pressions de la vie sont plus fortes, plus exigeantes, et aujourd'hui ils en ont une conscience plus aiguë. Et leur musique donc change avec eux-mêmes, est en train de devenir, semble-t-il, moins spatiale, plus en rapport avec la vie telle qu'elle est. 

Leur dernier disque sorti il y a plus d'un an, ils n'avaient mis que quelques semaines pour le concevoir. Celui qu'ils préparent depuis des mois n'est pas encore enregistré, bien que trois tours par semaine ils travaillent en commun, répètent, élaborent des mots, des sons, cherchent à refléter le mieux possible dans la musique - et en utilisant de la meilleure façon toutes les ressources qu'elle offre - la vision qu'ils ont du monde à l'heure présente.  Or le Pink Floyd n'aime pas se pencher sur le passé, s'attarder sur des morceaux anciens, sauf quand ceux-ci laissent encore une part à l'improvisation. Alors, si le groupe a joué dans quatre villes françaises, joue au Palais des sports, c'est pour respecter un contrat qui fixait une date limite dans le temps pour sept concerts et qui a été signé, il le regrette maintenant, il se le reproche amèrement, avec une marque de soda qui  a vu dans le nom du groupe l'argument d'une campagne publicitaire.

Le Pink Floyd ne touchera pas un centime de l'argent versé par la marque de boisson, c'est promis, c'est juré, ce sera versé à des associations traitant des maladies mentales, il y a eu malentendu. Qu'importent ces petites  histoires. Ce qui compte, c'est la musique, rien que la musique. Au Palais des sports, le Pink Floyd est tout de même en pleine forme, surtout dans la deuxième partie, lorsqu'il joue, lorsqu'il " théâtralise " les titres de  son dernier disque qui a pour thème l'argent, la société et son aliénation »

« Le Pink Floyd », Le Monde, 26 June 1974


« Paris, après cela, ne devrait qu’être la répétition presque identique des concerts précédents. Seule exception : One Of These Days remplace Careful With That Axe, Eugene. Un peu plus de cohésion, peut-être, d'attention, parce que “c’est Paris’’. Trois fois, le Palais dés Sports sera bourré, et personne, face à un show tellement au-dessus de la moyenne, ne se préoccupera de savoir s’il y a ou non des pancartes Gini dans la salle, annihilant ainsi les craintes les plus secrètes du Pink Floyd. Evidemment, la Préfecture de Police a envoyé 10 000 flics, alors bien sûr, il y aura des bagarres entre ces hommes lunaires qui — maigre consolation — doivent tout de même sacrément transpirer dans leurs ridicules tenues, et les centaines de kids de tous âges qui n’ont pu trouver de place à aucun des trois concerts. Quelle foule ! Les Rolling Stones n'auraient pas attiré plus de monde, et pourtant. Dieu sait que...

Ces quatre Anglais seraient restés une semaine, quinze jours, que les guichets auraient fermé après trois jours, tous billets envolés, comme cette fois-ci. Alors, au-delà d'un sévère reproche, comment n’être pas heureux qu'une pareille musique se soit frayée un chemin partout dans notre pays, comment n'être pas heureux que Pink Floyd soit aimé dans toute la France ? »

« Echos du Palais », Rock & Folk, August 1974


« Pink Floyd encore et toujours... Pink Floyd, le mythe et son paradoxe, s'est envolé à nouveau dans les dédales extra-terrestres de leur musique. Nombreux sont ceux qui ont participé au voyage puisqu'un mois avant les trois envols les places étaient vendues. En effet, dans le cadre d’une grande tournée française, le Floyd s’est produit par trois fois dans un Palais des Sports archi-comble.

Rarement le système de promotion pour un concert n'a été aussi complet et Gini — un goût nouveau qui... — en était le responsable. On a crié à la récupération, refusant en France ce que l'on envie aux States : l'efficacité. Cela dit, le groupe n’a sans doute pas besoin de cette publicité pour attirer les foules. A l'instar du coq, des frites et du béret, Pink Floyd est entré dans les mœurs, s'incrustant curieusement dans tous les milieux sociaux, sans critère de génération.

Et le public pour ces trois soirs en était la preuve : cheveux en brosse côtoyaient cheveux dans le dos, tous étaient présents parce que tous ont au moins un disque du groupe chez eux, mais qui n’en a pas un ? Alors, évidemment on parle de snobisme, mais ce genre de réactions peut- il avoir effet sur plus d'un demi-million d'individus ? Non. En fait, le phénomène Pink Floyd reste l'une des grandes incohérences du public français. Pourquoi ce groupe ? Sa musique n'a rien d'évident, pourtant il fait partie de cette catégorie dont le succès est dû à la France et qui compte en son sein le Soft, King Crimson, etc. On n’échappe pas à ses atavismes, la musique classique a ses conséquences et...

C'est la ruée vers les places, beaucoup attendent depuis longtemps et très vite tous les sièges sont occupés. Le concert est prévu pour huit heures, dix minutes plus tard Waters, Wright, Mason et Gilmour sont sur scène, ils y resteront plus de deux heures trente. Comme à leur habitude, pour les concerts précédant la sortie de leurs disques (en septembre prochain), ils débutent par les morceaux qui en seront la matière. Le groupe nous introduit dans son univers et ce premier morceau est peut-être le meilleur de leur show actuel. Aussi long qu' Echoes, il va sans doute faire l’objet d'une face de leur prochain disque. Débutant par une intro géante, il s'avère petit à petit dans la lignée de « UmmaGumma », le son est moins poli que « Dark side », moins précieux et les climats sont plus fous. L'incandescence est plus vive et la musique impatiente se déchaîne, explose de toutes parts, propulsée par les grandes nappes sonores d'orgue et de guitare. La particularité de la musique du Floyd tient peut-être dans ce son homogène auquel viennent se fondre les instruments sans se détacher précisément. L’instrument n’est jamais mis en valeur, il met en valeur ; on est très rarement emporté par un instrument en particulier et le Floyd est un des seuls groupes dont le « Sound » efface les instruments. Espace, enchaînement des thèmes, la musique s'envole, musique de trip, support à toutes les évasions...

: Il semble très apprécié et le groupe attaque le second morceau ; plus court et rapide, il s'insère dans la tradition « Meddle ». 

Mason lance de grands coups espacés, avec l'ampleur qu'on lui connaît, élançant les rythmes sans jamais les syncoper. Le Floyd possède un dynamisme étrange dans ses compositions rapides. Ces deux morceaux semblent de très grande facture et le prochain album sera sans doute plein de surprises. Et les musiciens attaquent sur Echoes, un voyage délicieusement ouaté et brumeux. Les musiciens du Floyd n'ont jamais été des virtuoses, mais quand ils jouent leur musique ils la jouent bien. C'est un succès bien sûr, suivi d'un petit entracte.On en profite pour observer cette imposante sono qui s'éparpille tout autour de la salle, toujours aussi impressionnante. Ils sont de nouveau sur scène pour jouer l'intégralité de « Dark side of the Moon ». Derrière se dresse un immense écran ovale qui tient toute la hauteur de la salle ; les films projetés sont souvent bien faits et illustrent fidèlement la musique, notamment ce très beau bal de réveils au début. 

Les avions préparés, qui devaient descendre sur scène ne seront pas mis en marche à la suite d'un incident. « Dark side » est à mon avis le morceau qui possède le moins d'impact sur scène, il est trop docile. Ceci dit, il présente des moments très forts ; ces deux choristes noires qui rejoignent le groupe ! On est toujours étonné par le Floyd même s'il est capable de donner plus.

Les musiciens se retirent et c'est une ovation délirante. Le groupe revient pour jouer One of these days, visiblement heureux. Le répertoire d'« UmmaGumma » est supprimé et malgré cela le Floyd s'envole toujours... Tout de même bizarre cette popularité ». 

« Floyd encore … », Best, August 1974

Steve O’Rourke:

« Cette tournée a été la plus éthylique, mais aussi celle qui nous a permis de faire le point sur nous-mêmes. Il y avait longtemps que nous n’avions pas autant parlé entre nous »

« Le bilan d’une tournée », Best, July 1974

JULY 1974

Summer 1974, Alan Parson meets Eric Woolfson in the refectory of the EMI Studios. The engineer is thinking about a musical career. This decision will result that Alan will reject the group's proposal to produce the successor of «The Dark Side of the Moon» later this same year.

July 1974, David Gilmour come back in England

July 1974. Roger and his then-wife Judy spent holidays in Greece, on the Lindos Island. Nick Sedgwick who work on the book project since the beginning of the year joins the couple. 


Waters:

« It was the beginning of the end of our marriage and Nick wrote about it »

« Special Animals », Mojo, April 2017

Roger and Nick Sedgwick in Greece.

4 July 1974 First broadcast of the Gerald Scarfe’ « A Long Drawn-out Trip » cartoon on  BBC 2.


David Gilmour:

« I remember Long Drawn out Trip. I saw it late at night on BBC 2 and when I saw the others the next day Roger asked had I seen it. I said yes, it was fantastic. He was the one who did something about it - I just thought it was great »

Cited in «The making of Pink Floyd The Wall», Gerald Scarfe


Roger Waters

« I said, « is he fucking mad ? » Let’s get him involved »

Cited in « The making of Pink Floyd The Wall », Gerald Scarfe

July, Beginning of the « Pink Floyd Story » in « Rock & Folk »

19 July, City Hall, St Albans. David Gilmour replaces Tim Renwick for a concert of Sutherland Brother and the Quiver

26 July, Marquee, London. David Gilmour replaces Iain Sutherland for a concert of Sutherland Brother and the Quiver

20 July 1974 Syd Barrett's solo albums, « The Madcap Laughs » and « Barrett », were released in the US as a double package entitled Syd Barrett. The album reached No. 163 in the charts. The cover shows an intriguing Oran

The cover shows an intriguing plum, orange and a matchbox


Storm Thorgerson

« Cela vient de son premier trip à l’acide dans le jardin d’un ami de Cambridge, Dave Gale. Quand on est sous acide, l’attention se concentre sur un point précis. Il se trouve que Syd s’est focalisé sur ces trois objets et qu’il les a gardés avec lui pendant douze heures en nous affirmant combien ils étaient étonnants, avant de les amasser dans un coin. »


« Syd Barrett: Le diamant noir », Mike Watkinson


Ian Moore:


« Après avoir mis la main sur quelques flacons de LSD liquide, nous avons placé des centaines de morceaux de sucre bien en rangs avant de les imprégner de deux gouttes chacun. Mais la drogue était si forte qu’elle nous passait à travers les doigts, ou bien nous les léchions... Bref, en très peu de temps, nous ne savions absolument plus quels étaient les sucres imprégnés. Donc, bon nombre d’entre eux ont reçu une double dose et d’autres n’ont rien reçu du tout. Syd avait sa prune, son orange et sa boîte d’allumettes et il est resté là à les regarder pendant son trip. Il était dans son monde, sa prune, c’était Vénus, l’orange, c’était Jupiter. Syd flottait dans l’espace entre les deux planètes »

« Syd Barrett: Le diamant noir », Mike Watkinson

AUGUST 1974

9 August, Nick Mason is photographed by Michael Putland for an interview

12 August 1974 Syd Barrett enters in EMI Studio 3 for a last session supervised by Peter Jenner

13 August 1974 After this unsuccessful session, Peter Jenner try to compile some unreleased tracks from the past session

21 August 1974, US premiere for « Pink Floyd ». The editorial choice for the promotion of the film posed many problems since the expression "Think Pink" is a phrase used in the USA to sell porn films!

31 August 1974 « Hyde Park Free Concert », Hyde Park, London, England

Photographies by David STRAUGHAN and Colin WURWOOD.

David is performing with Roy Harper, John Paul Jones and Steve Broughton as ‘Roy Harper and Heavy Friends’

SEPTEMBER 1974

8 September 1974 Theatre Royal, Drury Lane, London, England


Nick Mason, Gary Windo, Hugh Hopper among others play the first concert since Robert Wyatt accident.


« There was more genuine originality in Robert Wyatt's concert at Drury Lane Theatre last night than I have heard for a long time. It is a variety of pop music for which there is no neat pigeonhole but it is as creative and satisfying in its own way as the music of the so-called « avant-garde » »

« Concert review », Daily Telegraph, 9 September 1974


Shortly after the concert at Drury Lane, the NME asked Wyatt if he planned to perform again soon. Wyatt replied:


« No. I knew it was gonna be quite good, because ... I felt that no matter how bad it was, [Allan, Hopper, Stewart, Frith] and so on would be able to pull something out of the hat. ... I get things together in live performances that I wouldn't get together normally and there's certainty a certain magic to it if it's working right, but the sheer cost and the whole organisation of getting a live group working and the solid responsibilities of getting other people paid – there's just so many things that can go wrong that the percentages are all against you »

« I played Robert Wyatt at 78rpm and saw god », New Musical Express, 26 October 1974.

Left to right: Richard Sinclair, Dave MacRae, Fred Firth, Hugh Hopper, Nick Mason and Robert Wyatt.

13 September 1974 « Top of the Pops », BBC One, Lime Grove Studios, Shepherds Bush, London, England 


Nick Mason plays with Robert Wyatt and some musicians live at « The Top of the Pops » (See this page for more details).


Nick Mason

« Pink Floyd had been on TOTP in '67. It hardly changed from its first to last show as far as I remember. The same slightly uncomfortable dancing and some DJ shouting. We appeared with Robert two weeks running, and the second week they didn't want us to show the wheelchair »

«The Making of... I'm A Believer - by Robert Wyatt»,  Uncut Magazine, February 2014 


Robert Wyatt

« The producer said, "l'm embarrassed by that wheelchair, it's not entertaining, can you go and sit in this wicker-work thing?" I told him to fuck off, and he said, "You will never work on this programme again" - but as I just told you, I am too posh to care, frankly. I mean, I can't wheel a wicker chair, and I need to be able to get out quick in case the cops are coming, for fuck's sake! » 

«The Making of... I'm A Believer - by Robert Wyatt»,  Uncut Magazine, February 2014 


Fred Firth (Guitarist):

«Richard Branson went out and bought an antique wheelchair, and insisted that if the BBC was going to object to Robert's wheelchair, they surely couldn't object to this beautiful antique version. The whole thing was irrational to the point of absurdity, but Richard insisted and won the day, making the BBC look extremely foolish in the process. And, of course, lan MacDonald made sure there was a picture in the NME afterwards»

«The Making of... I'm A Believer - by Robert Wyatt»,  Uncut Magazine, February 2014

Early September, the British Winter tour is confirmed

Wright:

« We limit ourselves to three-week tours and this has saved us from going mad. I feel that if we worked for weeks and weeks on the road all the time we wouldn’t be producing such good music »

« Floyd: All Wright Now ! », Melody Maker, 16 November 1974

From 23 September to 18 October,  the band work at the Elstree films studio with the future backdrop screen intended the British Winter Tour

Nick Mason:

« During the months of September and October, Roger and I tried to forget about all of this by working on a series of films for an English tour planned for the fall. For the first concerts of Dark Side we used clips from the documentary on surf Crystal Voyager, and from the animated film by Ian Eames for Time, but now we wanted to show a complete series of films during the whole concert . The films, a mixture of archive footage and footage specially shot to accompany the songs, were ready for the start of a great tour of Britain »

« Inside out », Nick Mason, 2005


Wright:

«(The movies) was hard work for Roger, Nick and Arthur Max, the sound engineer, but it’s still not right. I think we are still at the experimental stage in finding out what visuals work and which don’t even after all these years. It’s so easy to have a film that is distracting, and, of course, I’ve never any idea what the effect of the film is: I’m always on stage playing. People always expect the Floyd to come up with something different, new and better when it comes to visuals, and it’s very difficult to keep thinking of new ideas. The projector for the film was incredibly expensive and we got a new mixing desk too, which was also expensive. Buying those will probably mean we lose money on this tour, but that doesn’t matter because we’ll recoup it on later tours. We can never make money in England with 25 in the crew»

«Floyd: All Wright Now !», Melody Maker, 16 November 1974

British Winter Tour program with signatures of David, Roger and Nick. The complete document is readable here.

A Dole banana TV commercial use a re-recorded version of Great gig in the sky.


David Gilmour:

« Rick wrote that music. He remade it for them. It's down to the writer. If my name had been on that track too it wouldn't have happened. I wouldn't do it. But that's Rick's business. I didn't approve of it, but I have no control over it »

« The 30 year technicolor dream », Mojo, July 1995

Late September 1974, The « Harvest » label is preparing the group's return to the forefront of the English scene by re-releasing the band’s first 11 albums (including « A Nice Pair ») in all of the formats available at this time (Vinyls, cassettes, 8-track cartridge …)

Flyer sent to English record stores on September

OCTOBER 1974

English advert for the November-December tour

October 1974, Rick Wright give an interview for the Radio show «Rockspeak» hosted by Michael Wale on BBC One. Interesting thing is the statement who show the tracks Welcome to the Machine, Wish and Have a Cigar were written at this time


Rick Wright:

«(…) outside the moon and a new first half which we're working on it men yeah of which we've  tried  to his numbers in France and we're now  writing  another two pieces to  make up an hour or possibly an hour and a quarter(…) one of this song is Roger’s and another song is we’re working together and Roger writing lyrics nd the third piece is a great thing with, you know, Rogers lyrics so I haven't actually written anything yet although I do have a few things to take down to rehearsals very shortly that we want  to try out » 

«Rockspeak», BBC One, October 1974

12 October 1974,the bluesman Pink Anderson whom name and music were an inspiration for Syd die at 74.

Photographed one year earlier by David GAHR

20 October to 30 Octobre 1974 Rehearsals at Elstree Film Studios.


Wright:

«We spent two weeks rehearsing at Elstree before this tour but in the end we couldn’t spend one whole day playing because of problems fitting the new system together. Also it demanded a lot of attention getting the notes for the first half of the show, which we hadn’t played much before this tour. Dave had to have the words of the songs stuck on to the top of his guitar»

«Floyd: All Wright Now !», Melody Maker, 16 November 1974

Timing sheet for « The Dark Side » set  by Nick Mason

NOVEMBER 1974

Venetta Fields and Carlena Williams (a.k.a « The Berries ») join on 1st November the band à Elstree to further rehearsals . It was during these sessions Gerald Scarfe made some sketches for the central drawing who will published in the 1974 British Winter Tour programme (see this page to read it).

The tour begins with two dates in Edinburgh.


«Pink Floyd had an arrangement with promoter Harvey Goktemith. Their latest English tour — the first for three years — is set-up around football fixtures: whenever the group play on a Saturday it's in a city where there is a potentially good soccer match. They watch the game in the afternoon and play the concert in»

«Quadrophonic Floyd», Harrow Observer, 29 November 1974


The cost of the British Tour is estimated to £ 100,000. There are may innovations as the stage-projected movies, a rotated mirror-ball who project many light beams of the audience

1974 British tour schedule

The group entrusts to Storm (for the photos) and Nick Sedgewick (for the text) the realization of a book documenting their English tour of 1974


Jill Furmanovsky

« In 1974, Storm called and offered me, a trainee photographer, a job documenting Pink Floyd on their Dark Side of the Moon tour, which was hugely exciting for me. He was terrible to work with, though, rushing round constantly barking orders: « I want a shot of them in the hotel, I want them doing sport, I want pictures of the road crew moving equipment, I want travel pictures … »

He provided me with huge lists of stuff to do; I was completely overwhelmed »

« In the Pink », Nick Sedgewick


Storm Thorgerson: 

«I asked Jill [Furmanovsky] to take some ancillary shots for a book project. So she was running around taking shots of Dave [Gilmour] playing squash, Roger [Waters] playing golf and all of us playing a lot of backgammon to while away the hours between gigs». 


Jill Furmanovsky

« So I was the official photographer on the Dark Side of the Moon/Wish You Were Here UK tour, and took pictures over a period of approximately five weeks as the band toured England and Scotland »

Cited in RockArchives Website

Photographies by Jill FURMANOVSKY (left) and Nick Mason (right)

Jill Furmanovsky:

« Roger and Nick on a train to Edinburgh, Dark Side of the Moon tour 1974. The band preferred to travel by train rather than bus or plane. It was more relaxing. On the journey back to London Pink Floyd and crew took over a whole sleeper train, which saved on hotels and was tremendous fun in an Enid Blyton sort of way! »

Rockarchive Website

3 November, the band take the train at 12.00 from Kingcross Station to Edinburgh. They stay at the « Caledonian Hotel »

Brian Humphries, David and the Berries, picture by Jill FURMANOVSKY

4 November 1974 Usher Hall, Edinburgh, Scotland

« « Well, we are Here and you are here; so let’s get started », announced a slightly apprehensive but essentially laid back Roger Waters from the stage of Edinburgh Usher Hall, on Monday evening. And the Pink Floyd's 1974 British tour, their first in two years, was under way. It was the first time the group had visited Scotland in four years, and the Edinburgh fans, a cluster of hair and great coats, needed no encouragement in welcoming Britain's own galactic explorers back to the concert stage. And they were rewarded with a fine performance by the band, who are now as much an institution as fish and chips — or should I say Johnny Walker whisky.

Getting any new tour off the ground is a headache for some unfortunate soul, but putting together the pieces that are essential to a Pink Floyd performance is a task of Immense proportions. For this tour the group have acquired a brand new public address system, a new projection unit and screen, a new sound crow, and a new film that slots in with the music, more or less automatically at predetermined times. Around 100 people are involved with the tour in some way or another. It was tho first time all this new apparatus was tried out In public at Edinburgh, and the fact that it all worked more or less without a hitch during the group’s three-hour show, is a* much n credit to modern day electronics as to the group and their entourage. As in previous Floyd tours there was no supporting act and the concert was In two halves. For the first hour the group played three new pieces and for tho second « Dark Side Of The Moon » In its entirety. They also came back to play Echoes as an encore, after considerable persuasion and football — like chants of « We Shall Mot Be Moved » from the audience (…) If there were flaws, then these could only be put down to first night tensions and unfamiliarity with tho new gear Either way they will probably be ironed out by the time the band get the first two or three shows over with. At times the sound seemed unbearably harsh, and biting treble tones gnawed at the ear-drums especially during the first half of the show. But as the sound men and PA became used to on® another this problem seemed to sort itself out. Echoes at the end was flawless. The three new pieces were first aired on a short French tour in June and all seemed to point to a fiercer direction the band are moving towards. They open with ” Shine On You Crazy Diamond ” follow with ” Raving And Drooling ” and close tho first half with ” Gotta Be Crazy.” Difficult though it Is to fully assimilate a new piece of Floyd music at one hearing, it is obvious that all three are a logical step forward from " Dark Side.” They are all harsher songs with as much accent on the rhythm as the solos and in the Floyd tradition they all move through various times changes.

The accent seems to be on pounding bass and drum routines to whip up scorching climaxes -again and again rather than the lengthy periods of vague somewhat uninspired jamming that the Floyd seemed to enjoy in previous outings. They are all much more arranged and they are all commercial in the way that Floyd can be commercial when they try. The latter two seem to deal with madness — a topic that Roger Waters' mind appears to revel In — and there Is a hint " Dark Side " which Has now toured with the group for almost three years. On this tour It takes on magnificent proportions with that truly brilliant movie designed, I think, to take the observer on a space flight to the other side of the galaxy. Visions flash past >all too quickly but stand-out bits include various tumbling buildings, a pilot’s view of a take-off, coins and clocks In profusion, plenty of sea and surf, and the closing sequence depicting prominent Politicians apparently well satisfied with the Floyd's performance.

Various other surprises are promised for the Wembley concerts and last night someone was muttering something about a laser beam being used in the show. The Floyd are indeed masters of the extraordinary ».

« Floyd: a galactic voyage », Melody Maker, 9 November 1974


« For a while it really looked as though the Pink Floyd, on the opening night of their first British tour in maybe three years, were going to blow it. « I always thought the Floyd could do nothing wrong » opined the guy on my left at Edinburgh’s Usher Hall on Monday evening. « I always thought they were perfectionists ». He wasn’t the only one expressing doubt about the Floyd’s very recent performance which consisted of the British premier of three new tunes, which he reckoned were “awful tedious.” Some sixty minutes later, after a perfect rendition of “Echoes” that really did fill that hall with magical sound, he had changed his mind and was full of praise for the band. The group really redeemed themselves in the second half of their show. A Pink Floyd audience is an eclectic bunch these days.

For sure there -are are the archetypal Floyd freaks - you know - the hippy academic type, but it didn’t end there as the audience even included a handful of people well over 25, as well as the younger early teens. The reason for this broad-based audience is probably not disconnected with the fact that “Dark Side Of The Moon” sold a lot of copies in this country, being purchased by everyone from insurance clerks to striptease artists. And I bet a lot of these folk came along for the first time to see the Floyd, just to hear them play « Dark Side Of The Moon » afresh, which probably has something to do with why the opening set' was met with a certain amount of restraint. But to get to the nitty gritty, after the three new songs, the second “Raving And Drooling” was the one that caused the most doubts in my mind.

For a start, the usually inscrutable Floyd sound system was misbehaving to such an extent that one’s ears almost began to cry out in pain at the sheer volume, not to mention the feedback. The briefest of the new compositions, “Raving,” lacked the compositional style of the opening “Shine On You Crazy Diamond” or “Gotta Be Crazy” which, closed the first set. Although both songs suffered because of their newness (as a band the Floyd always seemed cautious of opening up just in case they forgot their cues — compare . their handling of “Echoes” which really demons various currencies. Musically one wouldn’t have been surprised if the Floyd now went through "Dark Side Of The Moon” with immaculate precision. Not so, as for a time it looked like the band were having problems gelling. Gilmour’s voice was often suspect, and poor mixing meant that sometimes his voice was drowned out by the Blackberries. All came together, however, on Money, which by now must rank as a hard, rock classic, and. then things really started to burn. For the first time during the evening the Pink Floyd were a group, spontaneously bouncing ideas off each other with each musician excelling himself.

There’s always a tendency in Floyd reviews for the writer to latch onto all number of words in an attempt to describe the band’s music, but as two of the hall’s stewards — both well over 30 years old — were heard to remark after attending the afternoon’s rehearsals, the Pink Floyd do play some beautiful music I bet they’d never taken acid »

« On the Town », New Musical Express, 9 November 1974

After this gig, Rick Wright accept an Interview with Chris Charlesworth. By breaking the « embargo » with the press, Rick has drawn the wrath of the other members of the group (according Nick Sedgewick in his book « In the Pink »


Chris Charlesworth (Melody Maker reporter):

« In the end I finally ambushed Pink Floyd in Edinburgh on November 4, 1974, during a break from my stint as Melody Maker’s New York correspondent. I simply found out which hotel they were staying at (by ringing around) and booked myself in. I gained admittance to their concert at the Usher Hall by buying a ticket from a tout, which was most unusual since virtually every other act on the planet laid out the red carpet for MM staff in those days. Afterwards, hanging around in the lobby, I was looked upon with deep suspicion but I knew the promoter Harvey Goldsmith and through him somehow managed to ingratiate myself into their large party and partake of a sumptuous post-gig supper with them and their entourage, about 20 of us around a huge table in a private room. At first I sat alongside their manager Steve O’Rourke who seemed an agreeable chap if you were prepared to talk about fast cars but before the food arrived I was asked to move by Storm Thorgerson from the Hipgnosis design team « because there was something important I need to discuss with Steve ». Over dinner I detected an atmosphere of civilized maturity; none of the japes, womanizing and loutish behavior brought on by a surfeit of alcohol or drugs that were the hallmark of post-concert parties thrown by so many other groups. The Pink Floyd, I realised, were adults, and they behaved like them too »

« No One Knew What They Looked Like », Q Magazine #98, November 1994

David Gilmour by Jill FURMANOVSKY

5 November 1974 Usher Hall, Edinburgh, Scotland

Photographies by Robert ELLIS

Stuart Fergurson;

« I would be 14 and a half at the time. I can remember nothing about going to or returning from the show, but I vividly remember everything else about it.My friend Alan and I went to our seats in Row C of the upper tier to find there were already a couple of herberts in army surplus greatcoats sitting in them – when we pointed out they were our seats, they told us to go away, in the demotic…so we hung around until the end of the first tune, when the two went off to their third row seats in the stalls.  Not the brightest.

The first set was all new material – “Shine On You Crazy Diamond,” “Raving and Drooling” and “You’ve Got To Be Crazy.”  The first, of course, would appear on Wish You Were Here, which the band started recording at the start of 1975 and released in September of that year.  The other two would be re-titled “Sheep” and “Dogs” and appeared on Animals in January 1977. The second set was a complete performance of Dark Side of the Moon, which had come out in March 1973 and I think I must have got in early 1974 – I had a set of headphones as well and spent a lot of time listening to this album. For an encore, Pink Floyd did « Echoes » from Meddle, which I must also have heard by that time.  I probably got that in late 1974, it certainly wasn’t the second Floyd record I had after Dark Side – like a lot of people, that would have been A Nice Pair, the budget-priced reissue of the first two Floyd albums from 1967 and 1968, in a pretty vile Hipgnosis sleeve. Although The Piper at the Gates of Dawn and Saucerful of Secrets may not have been immediately palatable listening for the youthful fan of Dark Side, it was cheap and a nice early introduction to the Barret Floyd – that fascination has never gone away in forty-odd years. After the show, we went to the edge of the stage to look at the equipment (I hadn’t yet figured out how to walk into dressing rooms, that came a bit later and is now close to involuntary) and were impressed that Nick Mason had car or scooter wing mirrors set up on the drum kit to allow him to sync with the back projections.  For such a hi-tech show, that seemed comfortingly homely »

« Pink Floyd at the Usher Hall », 31 January 2018, stuartfergusoncouk Blog

David, Backstage before the gig (by Jill FURMANOVSKY)

Jill Furmanosky;

« I think this was taken in the Usher Hall Edinburgh in November 1974. I love the faded grandeur of the flocked wall paper and velvet furniture. »

Cited on Rockarchives Website

9 November 1974 Odeon, Newcastle-upon-Tyne, England

« (…) I attended the first of the two nights. The concert comprised two sets, the first set consisting of new material, and the second being a performance of their latest album (Dark Side of the Moon). They would retain a similar format for their next tour. Floyd said little to the audience; they wandered quietly on stage and performed the music, illuminated by an impressive light show, and a large circular screen, which showed a series of videos recorded to accompany each song. The first set consisted of three songs; a lengthy version of Shine on You Crazy Diamond (which was to appear on « Wish You Were Here » the following year and sounded amazing on first hearing) and early versions of Sheep and Dogs (which were to develop and would later appear on « Animals » in 1977). The concert was excellent; technically perfect though the band appeared distant »

« Pink Floyd Newcastle Odeon 8th November 1974 », Vintagerock Website, 21 January 2014

10 November, the band takes the train at 10.40 to come back in London.

14 November 1974 Empire Pool, Wembley, London, England

Photographies by John BAXTER

« It has been two years since The Pink Floyd produced their last and best work, Dark Side of the Moon; since then apart from the occasional’ appearance here they have done nothing. It is good to report, therefore, that their first work to be unveiled after the arid period is well up to their high musical standards.

The three new pieces Shine On You Crazy Diamond, Raving and Drooling and Gotth Be Crazy]] formed the first half of this concert, the first of three in the 12,000 seater Empire Pool. Each appeared on first hearing to be musical vehicles for Roger Waters (bass and vocals), Rick Right (sic) (keyboards and synthesizer) and Dave Gilmour (vocals and guitar) with the patient Nick Mason on drums effectively driving them on. If one musician has come more to the fore then it is Rick Right who led off the first piece, Shine On You Crazy Diamond.

There followed Gilmour striking questioning chords from his guitar before Waters’s voice cut across with his own plaintiff lyrics “Remember when you were young, you shone like the sun. Shine on you crazy diamond”. It acted as a musical limbering up to the evening. Already one could sense a different musical approach from that of Dark Side of the Moon with echoes of classical rock’n’roll riffs from the guitar and bass of Gilmour and Waters as Right kept up the electrical exploration on synthesizer.

As in the past, tape was employed, this time simulating the burbling of Radio 2 disc jockey Jimmy Young befoie merginig into the rhythmically repetitive background beat of Raving And Drooling, making way for Right to provide the horn-like melody line before the background became the lead; the whole providing the feel of the theme music from a mystery movie. In contrast Gotta Be Crazy was dominated by Gilmour at first striking his guitar banjo-like before developing a piece with a country-like feel given an electric treatment.I doubt that The Floyd will ever match the inventiveness of Dark Side of the Moon, which filled the rest of the evening. They now employ magnificent film as an accompaniment on a huge circular screen above them. The high point being Money which became a hit single in America but was never released here. Ironically it was the money earned from the incredible worldwide sales of Dark Side of the Moon which caused the group’s arid period. It is good to welcome them back»

«The Pink Floyd - Empire Pool, Wembley», Times, 15 november 1974.

Storm Thorgerson, Aubrey Powell, Brian Humphries, « The Berries », Ginger. Photographies by Jill FURMANOVSKY

15 November 1974 Empire Pool, Wembley, London, England

Wright:

« I don’t agree with these huge shows in front of tens of thousands of people. Wembley Empire Pool is the biggest place you can play before you lose the effect »

« Floyd: All Wright Now ! », Melody Maker, 16 November 1974

Photographies by Storm THORGERSON

16 November 1974 Empire Pool, Wembley, London, England

This concert is recorded for a future broadcast at the BBC

Brian Humphries (Pink Floyd sound engineer):

«I was asked to go to the second gig at the Empire Pool so that I could check out what equipment would be needed for recording with the mobile. Then, when I was talking with the band members about old times, I let it be known that I had been doing live gig mixing. So, they asked me to sit down with their sound mixer and give them my opinion of what he was doing. After giving it a listen I told them it was rubbish, especially considering the equipment they had. So, they then asked me to take over doing their live sound for the rest of the British tour, which meant somebody else had to record the remaining Empire Pool gigs»

«Pink Floyd 'Shine On You Crazy Diamond», soundonsound.com, December 2014.

Photography by Jill FURMANOVSKY

17 November 1974 Empire Pool, Wembley, London, England

« The Pink Floyd achieved a far more daring blend of outrageous visual effects and unique music by using a very different technique. While Tull depend on the personality of the expensively-attired Mr Andsrson, the four members of the Floyd hide behind their mass of electronic hardware in the anonymity of jeans and teeshirts. 

Their theatrical effects are vast-scale and technological—a cascade of dry ice, exquisite lighting, and an imaginative, witty, and well-assembled film montage on a circular screen above the stage. What is so extraordinary about this band is the way they use such apparently blunt devices to create so subtle an effect, and how they marry this to music that, however loud, blasting from quadrophonic speakers across the concrete expanse of Wembley, can wrap delicately around an audience of 12,000. They began unevenly with three new nieces, Whine on you Crazy Diamond, Raving and Drooling, and Gotta be Crazy, in which passages of symphonic keyboards and finely textured lyrical sections were interspersed with screaming vocals and wailmg guitar. The third piece, a cynical tale of how to succeed, moved through the Floyd's full emotional as well as musical range, from spine-chilling paranoia to a swirling hymn. The piece has yet to be recorded—it’s obviously still evolving and there were some uneasy moments in its performance—but with time it could be another of their great standards »

« Jethro Tull and Pink Floyd », The Guardian, 18 November 1974

Roger, Aubrey Powell and David Gilmour

19 November The group goes back and forth by train between London Euston and Stoke-on-Trent to play the gig. This concert, illegally recorded, will result in one of the most widely sold bootlegs in history (150,000 sales).


Interviewer: « Why not release live recordings of the '73, '75, or '77 tours? They're already sought after by fans in the bootleg industry »

Waters: « I don't think we made recordings in those days »

MSN Internet chat, March 13, 2000

« Cashbox », 19 July 1975

19.11.1974 Trentham Gardens, Stoke-on-Trent, England

Liverpool load-in. Photography by Storm THORGERSON

The Liverpool concert was the first concert of a rock band in this hall since the the troubles who caused damages to the location in 1972 during a Who gig

22.11.1974 Sophia Gardens Pavilion, Cardiff, Wales

28 November 1974 Empire Theatre, Liverpool, England

« Pink Floyd proved in Liverpool last night that they are the heroes of rock music. They gave a faultless two and a half hour performance which had the 2,700 capacity crowd on their feet long before the end. With over 40 tons of equipment onstage, the group had enough power and backing to show that their music can stand up outside he recording studio. The first half of the show was an introduction to some of their newer material, and although the performance was faultless, it was obvious the crowd was waiting for something more. they certainly got what they asked for after the interval when the group ran through a medley of the numbers which have made them world famous. Special mention should be made of the group’s light show which captivated the crowd and gave an added dimension to the the music.

The group extended the Empire stage a further fifteen feet over the orchestra pit to take the equipment »

« Live success for Floyd », Liverpool Echo, 29 November 1974

Photographies by Jill FURMANOVSKY

29 November 1974 Empire Theatre, Liverpool, England

30 November 1974 Empire Theatre, Liverpool, England

« Over the weekend of November 16-17, They also played four sold-out concerts at the Empire Pod. Wembley — a total 10 hours of music for 32.000 people. Pink Floyd have never been a band to ait back and rest on their laurels. They are constantly progressing. pushing forward new musical and visual ideas with each concert tour.

The first half of Sunday's concert comprised three new pieces which, the band admit will probably finish the tour in a considerably different shape than they were in at the start. Floyd give their pieces time to mature before committing themselves to vinyl, and hitting the road is ideal for this purpose. The Sunday concert was beautifully played and impressively presented on Floyd’s first of the new numbers was the most impressive. featuring some meaty guitar passages from Dave Gilmour. but it wasn't until the second half that Floyd really got going.

The familiar heavy heartbeats, voices and other weird psychedelic doodles opened the hour-long "Dark Side of the Moon." The piece was embellished with various visual effects such as a huge circular screen behind the band on which, at certain points, films were projected which ran simultaneously with the music. The quadrophonic sound system was shown to the best effect on the "Time" segment which featured a cacophony of bells and chimes ringing out from all comers of the Pod. "Great Gig In The Sky" saw Venetta Field and Carlena Williams inject a throaty soulful sound into the music as Rick Wright, hidden behind a multitude of synthesizers. mellotron, organ. electric piano and grand piano, tapped out a gentle piano solo.

The band encored with "Echoes" in which Dave Gilmour squeezed all sorts of sounds from his guitar. Gilmour1 s guitar playing is unique. The guitar playing is fed through synthesisers which not only distort and stretch the sound, but cart make an electric guitar sound like half a dozen screeching electric violins playing in unison. for example, thus adding a new dimension to the guitar »

« Quadrophonic Floyd », Harrow Observer, 29 November 1974


Before the show, the band attending the football match Birmingham against Everton. After the show the band take the train to come back to London

DECEMBER 1974

3 December 1974 The Hippodrome, Birmingham, England

4 December 1974 The Hippodrome, Birmingham, England

The band backstage on 4 December. Photographies by Mick Rock

05 December 1974 The Hippodrome, Birmingham, England

« The Pink Floyd were the prototype flower-power bend hare grown into arguably England ! moat popular rock group. Their latest album has been in the chart for 89 succeeded weeks and a lady in the Hippodrome box office amplified bus impressive statistic by saying: “We could have sold out every night for weeks." As it was Floyd s Midland fans had to make do with three concerts, the last of which was last night needless to say the house was packed and the atmosphere reverent, although I doubt if many of the crowd could remember Fiord’s flower-power start. Since then, and losing Syd Barrett in 1968, the band have lengthened their compositions, perhaps even becoming slightly predictable. Yet they have not fallen Into the same pretentious trap as Yes, ELP or Jethro Tull among others. Flovd’s music remains accessible although they use quadrophonic Bound, pre-recorded tapes and films projected to the huge circular backdrop.

The concert is imaginatively structured as well as immaculately produced. The band start with throe new pieces. - Raving and Drooling" “ Gotta be Crazy" and a tribute to Barrett “Shine on You Crazy Diamond.” We were allowed to listen to these without distraction but after the Interval the band moved into The Dork Side of the Moon the long-selling record —with its vivid animation and dramatic sound effect and the encore was "Echoes", probably Floyd's best-loved piece. It was a solidly satisfying concert. Floyd are masters of stage presentation, but they remain unwilling to indulge in the histrionics that spoil many hands While Britain can still produce music like this the state of rock is healthy»

«The Pink Floyd», Birmingham Daily Post, 6 December 1974

9 December 1974 The Palace Theatre, Manchester, England

Peter Heywood (audience)

« On December 9th, 1974, I attended one of the two concerts played by Pink Floyd at the Palace Theatre in Manchester. At the time, I’d never bought a Pink Floyd album although I’d heard plenty of their music. I hadn’t even sought out a ticket in advance but was offered one at short notice. So I went. And I’m glad I did.

Because there was something about the concert that had a big effect on me, something that stayed with me, something I couldn’t quite put my finger on. It wasn’t the group’s performance, the music, the light show complete with landing lights and glitter-ball, the dry ice – although I remember all of those things. It wasn’t even the concert programme which was a memorable pastiche of British ‘Boy’s Own’ comics.

It was something else. Something which took me nearly forty years to understand »

« Dark side of the squash court », 21 November 2013, http://squashbloglife.com

10 December 1974 The Palace Theatre, Manchester, England

13 December 1974 The Hippodrome, Bristol, England

14 December 1974 The Hippodrome, Bristol, England

Before the final show, the band attending the football match Bristol city against Nottingham Forest

Nick and Roger. Picture by Nick Sedgewick.

The tour ending on a sour note. The relationships in the band are degraded.


Nick Mason:

« At that time, we were close to separation. Steve O'Rourke claims that each member of the group came to see him separately to express his irritation, going so far as to threaten to leave. Roger realized there were simpler ways to meet his goals, and David was thinking of alternatives. Even Rick, well known for having trouble making decisions, was running out of steam ... As for me, I thought I would stay a while to do the dishes and I was about to release the typewriter when I left! »

« Inside out - A personal history of Pink Floyd, Nick Mason, 2005.

The group takes a break for 3 weeks until early January 1975 for the recording of the successor to « Dark Side of the Moon »


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