UNRELEASED ALBUMS

Les pochettes d’albums présentées sur cette page sont fictives. Elles sont inspirées de travaux rares ou inédits de Hipgnosis, StormStudios ou de Storm Thorgerson.

THE COMMITTEE SOUNDTRACK (1968)


Après l'échec de la tentative de Barrett, le Floyd a donc été obligé de pallier Syd pour ce contrat. Il y a huit pièces de musique assez informelles. Il était hors de question Seul le thème central instrumental (enregistré en version lente et rapide) présente quelque intérêt (on le retrouve sur l’écran final déroulant les crédits du film.A noter qu’une pré-version (voir une ‘proto-version’) de Careful with that Axe, Eugène apparaît sur ce projet.


Max Steuer

«En tout cas, nous étions là avec un film terminé et aucune bande-son. Heureusement, pas très longtemps après cela, Roger Waters m’appela et m’a dit que le Pink Floyd était disponible» pour la faire si j’étais intéressé, ce qui était le cas. Travailler avec eux fut une expérience totalement différente. Pour une chose, ils étaient très disciplinés dans l’approche de l’enregistrement et tout était travaillé à l’avance et bien mise en place. J’avais une grande pièce dans mon appartement, et nous avons passé un long moment à mettre les choses en place avant d’enregistrer la version finale dans un grand studio équipé de Londres (sans doute De Lane Leo). Je me souviens très bien de ces répétitions et c’était vraiment assez incroyable parce qu’à 8h30 du matin leur van s’est arrêté devant ma porte et leurs managers ont commencé à décharger leur équipement pour les installer. Cinq minutes plus tard, Roger Waters est arrivé, et cinq minutes après lui le reste du groupe s’est pointé! A partir de 9h, tout était prêt et nous avons passé les 10 heures suivantes à explorer certaines idées, regardant ce qui marchait et ce qui ne marchait pas, mettant les choses en forme. Ils savaient ce qu’ils allaient jouer, et quand vint le moment d’enregistrer la véritable bande-son, nous avons même projeté le film dans le studio ce qui leur a permis de jouer dessus. Tout sur la bande témoin fut fait en synchronisation avec les parties correspondantes du film,

Fanzine «Late Night».


Mason:

«Nous avons fait la musique de«The Committee», un film de Paul Jones. Elle a été bouclée en une matinée et comme ca n’était pas suffisamment convaincant, elle n’a jamais été enregistrée»

«Pink Floyd», Jean-Marie Leduc, 1977»


Max Steuer:

«We started by working with Syd Barrett. Alas, this was not a viable option. Roger Waters heard about these efforts, and suggested the Floyd could do the job. I am so glad he did. It was absolutely wonderful working with them, and the outcome could not be better».

Max Steuer Documentary, Committee DVD

THE MAN & THE JOURNEY (1969)


Le groupe a-t-il envisagé d’enregistrer une version studio de ce spectacle? On pourrait facilement objecter qu’il aurait été étrange que le groupe ré-enregistre des chansons déjà parus peu de temps auparavant (Green is the Colour, Cymbaline, Narrow Way pour ne citer que ceux-là ...). Mais ce serait prendre la question à l’envers. 

En effet, l’idée de ce spectacle étant antérieure à l’enregistrement des disques «More» et «Ummagumma», ne serait-ce pas ces deux enregistrement qui seraient plutôt les héritiers de «The Man & The Journey» ? Au mois d’octobre 1968, Waters révèle à la presse musicale que le groupe travaillent sur un nouveau système stereo à 360 degrés. Il ajoute que ce matériel doit servir à proposer quelque chose de radicalement nouveau:


« Nous voulons abandonner le format classique des concerts pop (…) Notre idée est de positionner la sonorisation tout autour du public avec nous-mêmes au milieu. Alors la prestation devient beaucoup plus théâtrale ».


Ce système constitue donc l’occasion de proposer un spectacle conceptuel, c’est-dire une prestation articulé autour d’un arc narratif précis. Waters évoqua ce projet qui « pourrait être une histoire, utilisant d’autres groupes, écrite comme une saga, comme l’« Illiade ». (...) Cela pourrait être une histoire comme une « Fairy Tale». Une pièce importante parlant du bien et du mal ». Un peu plus tard, Roger parlera plutôt d’un concept basé sur «le cycle de la vie».


Leur dernier single enregistré, on aurait pu alors croire que le groupe s’attellerait alors à mettre en place à l’écriture de ce futur spectacle. Toutefois, la livraison tardive du matériel par l’ingénieur Bernard Speight bouleverse leur calendrier. Contraint d’avancer sur d’autres projets, le groupe s’est donc mis à travailler sur leur prochain album en rentrant en studio lors du dernier trimestre. Qu’en est-il de leur matériel à la fin 1968 ?


Roger a enregistré une maquette d’un titre intitulé Roger's Tune le 25 Septembre 1968. Il également mis au point une suite d’accord composant la structure principale de Cirrus Minor. Rick a composé deux titres: Sysyphus et le futur  Summer ‘68 (sous le nom de One Night Stand). dès le 17 Septembre 1968.

Puis, Nick a enregistré sa section sous les titres provisoires de Nickey's Tune Section 1 et de Nickey's Tune section 2 les 24 et 25 Septembre 1968. 

Quant à David, il a enregistré une maquette au mois d'Août-Septembre 1968 (dans son home-studio de son appartement de Old Brompton Road). Ce titre Baby Shuffle , dont il a tiré un acetate, qui correspondra aux première et deuxième parties du titre The Narrow Way.


Le groupe qui entre en studio ce 26 novembre, décide pourtant de travailler sur une nouvelle composition de Roger: Embryo (sous le titre encore provisoire de I'm the Embryo). On peut alors envisager que le Floyd décide de travailler sur sa nouvelle suite. Rien ne permet certes d’affirmer que ce titre aurait pu figurer dans ce qui deviendra « The Massed ... ». Mais, le thème de ce titre peut aisément s’inscrire dans une histoire basé le cycle de la vie évoqué un peu plus haut.

Toutefois, cette hypothèse se heurte au fait que l’idée d’enregistrer un album incluant «des participations solos de chaque membre du groupe à parts égales sur le disque ». semble avoir été arrêté à cette mème période  (cf. Le numéro de Novembre du «Beat Instrumental»). Entre-temps, l’engagement de fournir une bande-son pour le prochain film de Barbet Schroeder a achevé de reléguer l’écriture de la future suite en bas des priorités du groupe pour l‘année 1968.

Au mois de janvier 1969, il est donc clair que le futur «Ummagumma» est devenu le projet majeur du Floyd. Cet album doit en effet être livré pour le mois de mars  Il semble impossible, en ajoutant les concerts prévus pour le début de l’année, que le Floyd puisse travailler sur une suite conceptuelle composée de matériel original. A moins que le groupe soit bien avancé ... 


Seulement, le 25 Janvier 1969, dans le « Record Mirror », le journaliste précise que si les parties de Rick sont définitivement enregistrées, David doit encore travailler sur les siennes (Narrow Way part 3 ne sera enregistré qu’au mois de mars, certainement en raison des difficultés rencontré par le guitariste pour écrire des paroles) 

En revanche, la contribution de Waters ne semble pas encore arrêté à ce stade. Selon Gilmour, Roger Waters est toujours en train de composer « une ou deux chansons à propos de la conception et de la naissance avec une touche de science-fiction ».   On peut clairement relier la première partie de cette assertion au titre Embryo dont le développement se poursuit toujours au mois de janvier 1969. Mais quid de la seconde chanson évoquée par Gilmour ?


On voit mal en quoi la «touche de science-fiction» pourrait correspondre au thème du futur Grantchester Meadows !Par contre, celle-ci peut faire songer au morceaux Cirrus Minor que le groupe a couché entre-temps sur la bande sonore de «More» (l’interview a été réalisée à la sortie du concert du 10 janvier 1969 au Fishmonger’s Arm de Londres, soit avant que le groupe n’enregistre la bande-son de « More  » au mois de février). Le Floyd a donc avoir épuisé le matériel à sa disposition en le réservant à la bande originale de «More» ou en le consacrant au futur «Ummagumma». Peut-on dire donc dire qu’au sorti des Pye Studios, l’idée d’un enregistrement d’une suite thématique est définitivement abandonné ? Pas si sûr.


Le 15 février 1969, dans « Disc & Music Echo », Nick Mason après avoir indiqué qu'il avait terminé d’enregistrer ses titres solos, précise que David a livré 2/3 de sa contribution (The Narrow Way part 3 sera enregistrée le mois suivant). Si Rick a déjà apporté son écot, Roger a en sa possession Embryo mais également une version non aboutie de Grantchester Meadows ‘sous le titre de Roger’s Scene). On peut donc penser que le groupe pourra livrer l’album au mois de mars comme prévu.  


La difficulté est que la forme définitive que prendra «Ummagumma» ne semble pas être encore bien définie. Dans cette même interview, à la question de savoir si le futur disque sera un simple ou double album, Nick Mason répond qu’il « espère que ce sera (un double) ... ce qui pourrait être vraiment super parce que nous pouvons apporter notre contribution solo sur un disque, et avoir sur l'autre une face de chansons classiques et une face de matériel majeur impliquant tout le monde ».


Au mois de février de l’année 1969, il n’est donc pas encore question ici de disque live. Le groupe doit réfléchir à l’écriture de nouveaux morceaux susceptibles de remplir ce second disque. Oui, mais quels titres alors ?


On peut penser à Embryo qui aurait enregistré dans une configuration groupe. On le sait, Roger n’a jamais été satisfait de ce titre. Sous l’influence de Ron Geesin qu’il venait juste de rencontrer, il a préféré se consacrer à essai de musique concrète(Several Species ...)  De facto, ce titre aurait pu être récupéré pour les faces C ou D du second disque.

L’autre titre qui aurait pu remplir ce disque correspond à un nouveau titre intitulé Roger's Blues enregistré le 25 Mars 1969.Peut-être un titre de travail du futur Rest puis Biding my time. Ce morceau est en effet présent dès la première représentation du spectacle en Avril 1969 (et dans sa forme définitive).

Si ces titres sont de possibles candidats, cela reste trop juste pour espérer nourrir un deuxième LP (qui en compte en moyenne huit à cette époque). Pressé par le temps, Pink Floyd devra se contenter de recycler nombre de leurs titres pour le spectacle «The Massed Gadgets of Auximenes» prévu le 14 avril.  Nick Mason enterrera définitivement cette idée lors d’une interview donnée le 15 avril au journalist Alex Murray « Nous espérons sortir un double album bientôt avec si possible un des disques enregistré en live ». 

Ce revirement trahit le fait que le groupe n’a pas eu le temps de se consacrer à l’écriture et à l’enregistrement de nouveaux titres et qu’il doit de nouveau changer de stratégie pour sortir son double album au plus tôt. 


Gilmour: 

« On pédalait dans le vide. Je crois qu'on ne savait plus trop ce qu'on devait alors faire parce que nous étions perdus. Donc on a enregistré un album live »

« David Gilmour: Full of Secrets », Guitar Part, Décembre 2006


L’affaire est donc entendue, il n’y a plus de place pour enregistrer une quelconque autre œuvre. Nulle doute que le groupe joua encore quelque temps avec cette idée.

Roger Waters, à la sortie de cette tournée néerlandaise, a ainsi affirmé au «Melody Maker»  qu’il allaient profiter des dix jours de studio au mois de décembre pour enregistrer ce « qui serait probablement quelque chose en rapport avec le cycle de la vie ». De nouveau, ce thème est remis sur la pile des projets du groupe. Mais de toute façon, l’engagement pris de fournir une bande-son à Antonioni pour son «Zabriskie Point» finira d’enterrer tout espoir à ce sujet.

Des années plus tard, Nick Mason fermera définitivement  cette page de l’histoire  du groupe en affirmant que ce spectacle « était un peu trop avancé, même pour nous. Ça fonctionnait sur scène, mais qu'il n'y avait pas assez de substance pour que des gens l'achètent en disque. On a pensé qu'il était plus cohérent de faire un vrai album, avec un équilibre entre les chansons et les pistes plus free ». (« Pink Floyd: tout est là, et même plus », Rock&Folk, Novembre 2016).

THE MAN:

Daybreak Préversion deGrantchester Meadows: composée a minima entre Mars et Avril 1969

Work /Tea Break Inédite

Afternoon Préversion deBiding My Time. Composé a minima à partir du mois de Mars 1969.

Doing It ! Inédite même si des idées sont reprises/dérivées sur/de The Grand Vizier’s …

Sleeping Préversion de Quicksilver. Selon le programme du festival, ce titre s'appelle Quicksilver, et la première version jouée (le 14 Avril) est très proche de ce qu'à enregistré le groupe pour le film «More» (les versions ultérieures différent). On peut envisager que ce titre était soit prévu pour «Ummagumma» (en face C ou D), soit repiqué de «More».

Nightmare Version de Cymbaline.

Au minimum composée au mois de Janvier puisqu’enregistrée pour le film en février 1969. Rien n'empêche de penser que ce titre ne fut pas préalablement envisagé comme un morceau des faces C&D.

Daybreak (Reprise) Inédite même si anecdotique étant une outro de Cymbaline.

THE JOURNEY:

The Beginning Préversion deGreen is the Colour Ce titre s'appelle Stephan's Tit sur le programme. Or, des sessions-sheets de l'album «More» indique ce titre de travail pour le morceauGreen is the Colour. Ce titre est trop circonstancié pour ne pas penser qu'il fut écrit pour le film et repiqué pour le concert concept.Il fut au minimum composée au mois de Janvier puisqu’en registrée pour le film en février 1969

Beset By Creatures Of The Deep Reprise deCareful With That Axe, Eugène. Très clairement une resucée deCareful With That Axe, Eugèneenregistré dès le 4 Novembre 1968 et développé sur scène dès le mois de Mai (et incidemment entendu sur la bande sonore de «The Committee» au mois de Mai également).

The Narrow Way Préversion deThe Narrow Way (part 3). The Narrow Way est très clairement la contribution solo de David. Il ne peut donc pas provenir des faces C&D. A moins de penser que David a enregistré un autre titre qu'il a finalement enlevé.Étant donné ses difficultés à écrire un morceau en solitaire à cette époque, c'est peu probable.

The Pink Jungle Reprise dePow R Toc H.

The Labyrinths Of Auximines  Reprise d’éléments live. Ce titre est typique de la nature des improvisations du Floyd de cette époque. On peut y reconnaître des éléments centraux de la version lived’Interstellar Overdrive.

Eléments que l’on retrouvera sans des morceaux commeCorrosionouMoonhead. Ce n’est pas véritablement un inédit même si le groupe le formalisera de plus en plus au fur et à mesure de ses prestations live.

Behold The Temple Of Light Préversion deThe Narrow Way (part 2)

Ce morceau est une longue digression sur la suite d'accords trouvé par David pour faire le pont entre les parties 2 et 3 deThe Narrow Way.

The End Of The Beginning Reprise de A Saucerful Of Secrets, partie Celestial Voices.

« AMOUGIES » SOUNDTRACK (1970)


En octobre1969, deux mois après Woodstock, la France organisait son premier festival pop. Autant dire son premier grand rassemblement hippie, avec cheveux longs et insignes de la paix. Au programme, rien de moins que le Pink Floyd, Frank Zappa, Ten Years After, The Nice, Yes, The Pretty Things. Mais aussi : l’Art Ensemble of Chicago, Anthony Braxton, Archie Shepp, Sunny Murray, Steve Lacy et la crème du free-jazz et de la new thing. Soit un grand mariage de la pop et du jazz comme on n’en avait jamais vu, et comme on n’en verra plus. En sus, il y eut du blues anglais, de la musique contemporaine et du rock progressif. Le clou du festival fut le moment où Zappa se joignit au Floyd pour les accompagner sur quelques titres. Le festival eut lieu du 24 au 28 octobre dans le village belge d’Amougies, près de la frontière française. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Raymond Marcellin, jugea que cette réunion de chevelus - qui devait initialement se dérouler au parc de Saint-Cloud, puis sur la pelouse de Reuilly vers Vincennes - était tout bonnement indésirable sur le territoire français (le défilé du 1er mai fut également interdit). Il faisait froid, il pleuvait.   Les concerts se sont déroulés sous un grand chapiteau de 6 000 m2 capable d’accueillir 12 000 personnes. Et tous ceux qui y étaient, près de 20 000 personnes, en gardent un souvenir formidable. 


« Organisé par Actuel et les disques Byg de Jean Georgakarakos, le festival d’Amougies fut une longue fête de cinq jours, rassemblant plusieurs milliers de personnes sans pépin majeur. Un événement emblématique de l’esprit de l’époque. «Il y avait une envie d’exploration, de brassage. Les gens n’hésitaient pas à se remettre en question» se souvient le réalisateur Jérôme Laperrousaz, venu filmer le festival avec Jean-Noël Roy. Deux films («Amougies Music Power» et «European Music Revolution») furent réalisés et présentés brièvement à Paris au printemps 1970, avant d’être retirés définitivement de l’affiche suite à une plainte du Pink Floyd : Jean Georgakarakos avait prétendu avoir négocier les droits avec tous les musiciens présents, or il n’en était rien … Le maître de cérémonie était Pierre Lattès, ex-présentateur de Bouton rouge, la toute première émission sur le rock à la télé française. Frank Zappa devait le seconder, mais sa maîtrise très relative du français (le public était essentiellement francophone) l’amena à tenir un rôle plus excitant: fil rouge des cinq jours de concert, en s’invitant sur scène avec une dizaine de groupes, de pop ou de jazz. Le sax ténor Archie Shepp joua avec lui un soir, en compagnie du batteur Philly Jo Jones et Grachan Moncur ! «A l’époque, j’étais plus connu que Frank, s’amuse Shepp. (…) 

A l’époque, on écoutait de tout. Jazz, pop, peu importait. Et à Amougies on pouvait enjamber les barrières pour aller discuter avec les musiciens »

« 40 bougies pour Amougies », 25 October 2009, Libération Website


Interviewer: « Deux films ont été tournés au cours de ce festival, et vous les avez interdits. Pourquoi ? »

Gilmour: « On n’aimait pas le son. Avant le ^festival, on a dit aux gens que s’ils faisaient un bon enregistrement, et nous le mixage, ce serait d’accord. On a vu le film, c’était pas mal. Mais on a entendu la musique. Ça faisait « Bzzz ... » tout le temps. Ils ont mis un seul micro devant l’ampli des voix »

Interviewer: « Quel en est le dénouement ? »

Gilmour: «Je ne sais pas. Ils ont dû arrêter de passer notre séquence et notre musique. Pour nous, il faut un minimum de huit pistes».

« Les Pink Floyd en studio », PopMusic Superhebdo, April 1972


Jean-Jacques Birgé (réalisateur)

« Nous n’avions pas encore entendu parler de Woodstock, puisque le film ne sortirait que plusieurs mois plus tard. Nous sommes plutôt arrivés avec en tête les images de Monterey Pop qui venait de sortir en France [long métrage de Pennebaker sur le festival californien, du 16 au 18 juin1967, avec Jimi Hendrix, les Who, Grateful Dead, Ravi Shankar, etc. ».

« ZABRISKIE POINT » SOUNDTRACK (1970)


L’existence de bandes complètes, au-delà de la contribution minimale du groupe sur la bande-son officielle, était connu dès 1970. Antonioni a eut son premier contact avec le groupe lors du concert du 15 Octobre 1966 à la Roundhouse de Londres lors du tournage de «Blow-Up». Mais Pink Floyd n’apparaît pas comme le premier choix du réalisateur. De façon inhabituelle, le film fut d’abord terminé avant que la question de la bande-son ne fut abordée. Dans l’interview accordé au magazine «Rolling Stone» en 1969, l’Italien alors en plein tournage ne semblait pas avoir d’idées arrêtées sur la question.


Michelangelo Antonioni:

«I don't like music that makes a commentary on the film. Of course, there will be rock music in the film [Zabriskie Point] as heard on the radio or record players. That's just natural. But I don't necessarily want a rock score. That would be too easy, too obvious»

«Antonioni», Rolling Stone, 1st March 1969.


C’est Don Hall, un célèbre DJ de la radio underground KPCC FM (Los Angeles) qui se mit en relation avec le réalisateur italien à l’été 1968. Le réalisateur chargea l’homme de radio de lui trouver des titres capables de souligner les séquences-clés du film. 


Ted Alvy:

«Late Summer 1968, Don Hall went back on the air eight to midnight at KPPC. He was the original all-night man. During that stint at KPPC, he got a phone call from Michelangelo Antonioni, who was starting to put money together for hiring someone to do the music to Zabriskie Point, which he was willing to pay $50,000 for Patti Page’s Tennessee Waltz just to play it in a desert honky-tonk jukebox in the middle of nowhere»


Les séquences étaient identifiées de la façon suivante:

  • Beginning: Correspond à l’introduction lors des échanges des étudiants à l’université.
  • Flight Sequence/Take Off: Correspond à la fuite en avion
  • Love Scene: La scène d’amour entre les deux principaux protagonistes.
  • Desert Scene/Violent Sequence: scènes principales dans le désert (notamment celle du jukebox).
  • Daria’s Driving Theme: le voyage en ville.
  • Explosions: L’explosion de la villa


Le DJ californien fait alors un certain nombre de propositions conformément aux voeux du réalisateur tels que des titres comme Dark Star, Sugar Babe ou Tennessee Waltz (pour la scène du jukebox). Après quelques propositions, Antonioni désire finalement obtenir des chansons originales de la part des groupes majeurs de la scène américaine et anglaise. Don Hall pense d’abord à Procol Harum (notamment pour les scènes de désert). Grateful Dead, The Doors sont d’abord contactés. 

En dépit d’une rencontre avec les Doors en studio, le réalisateur rejette L’America. De même, John Fahey est finalement écarté de l’écriture de la musique accompagnant la Love Scene. Le groupe Kaleidoscope (amis avec Don Halle) et Grateful Dead sont, eux, impliqués dans le projet.


Don Hall:

«Michelangelo liked The Grateful Dead, and I had a friend who lived across the street from Jerry at the time. He talked to him about the movie and we got together. It was almost done as an afterthought »


Au mois d’Octobre, Don Hall (nommé officiellement directeur musical du projet par les studios MGM) et Michelangelo Antonioni se retrouvent à Rome à la recherche d’une musique capable de coller avec le propos du film. 


Don Hall:

«There was no idea, when we were doing the film, that a rock soundtrack meant everything had to be hard, intense, electric music who was officially hired by MGM as an A&R executive and I was trying to do a soundtrack using the many different types of music that were being played on FM radio at the time»


C’est l’amie et la collaboratrice du réalisateur, Clare Peploe, qui leur apporte le nouvel album du Floyd, «Ummagumma», directement de Londres. Antonioni aima tourt de suite l’album et particulièrement Careful with that Axe, Eugène qu’il considéra tout de suite comme idéal pour la scène finale (Explosions). Les deux hommes contactèrent donc Pink Floyd.


Waters:

«We could have finished the whole thing in about five days ...But Antonioni ... would listen and go -- and I remember he had this terrible twitch «Eet's very beautiful, but eet's too sad» or «Eet's too stroong». It was always something that stopped it being perfect. You'd change whatever was wrong and he'd still be unhappy. It was hell, sheer hell»

«A Saucerful of Secrets - A Pink Floyd Odyssey», Nicolas Schaeffner, 1991

Il apparaît que le disque complet aurait dû donc présenter les morceaux suivants (informations issues du travail de Wromanus): 

  • 1. Heart Beat, Pig Meat - 3:11
  • 2. Fingal's Cave - 1:51
  • 3. Crumbling Land - 5:55
  • 4. Alan's Blues - 5:42
  • 5. Oenone - 6:26
  • 6. Rain in the Country - 6:52
  • 7. Country Song - 4:36
  • 8. Come in Number 51, Your Time Is Up - 5:01 / Explosions


Gilmour:

«We did the whole soundtrack. He only used three pieces. He didn't like the rest of the stuff. He was afraid of Pink Floyd becoming part of the film, rather than it staying entirely Antonini. So we were quite upset when he used all these other things. I mean if he had used things which we found better ... there were only two pieces of music in the film that we did, really, and the other piece of music we did, was like, any other group could have done, really. A direct imitation really of Byrds, Crosby, Still and Nash, or something.»

«A Pink Think with the Floyd», University of Regina Carillon, October 1970.


Gilmour: « Pour « Zabriskie Point », on a enregistré 20 morceaux et, dans le film, il n’y en a que trois ».

Interviewer: «Que sont devenus les autres ?»

Gilmour: «J ’ai des bandes chez moi »

«Les Pink Floyd en studio», PopMusic Superhebdo, April 1972

HOUSEHOLD OBJECTS (1973)


LE projet majeur du Floyd. En tout cas, celui auquel le groupe fut le plus longtemps attaché; et le plus fantasmé par les fans. Le groupe, au sortir du titanesque succès de «The Dark Side of the Moon» se retrouve paradoxalement sur le flanc ! 

Pour la première fois, les membres du groupe ne sont pas en possession de matériel suffisant pour accoucher d'un successeur de leur album phare.Alors que dans leurs tendres années, le Floyd développait sans cesse de nouveaux morceaux notamment en s'appuyant sur leurs performances scéniques, le groupe s'est entièrement consacré (depuis deux ans au moins) à«The Dark Side of the Moon». 


Mason:

« (…) we haven't made a new record because « Dark Side » is still selling a lot, so EMI isn't pressing for a new product. Finally we have worked with care, stopping ourselves on some things and excluding some pieces, which we would record if we were under pressure».

«Article on Pink Floyd», Ciao 2001, May 25th 1975.


Gilmour

« Strategically, our best thing to do next would be something weird, far out that nobody could possibly understand » 

Sounds, 17 August 1974


Mason

« We haven't made a new record because Dark Side is still selling a lot, so EMI isn't pressing for a new product. Finally we have worked with care, stopping ourselves on some things and excluding some pieces, which we would record if we were under pressure »

Ciao 2001, 25 May 1975


Ne supportant plus leur ancien répertoire et par conséquent les titres inédits développés à cette époque, les musiciens se retrouvent en studio sans aucun projet commun.Le projet a été porté par Waters qui a toujours été intéressé par l'utilisation de sons différents du rock.


John Leckie (sound engineer) :

« They spent days working on what people now call Household Objects. They were making chords up from the tapping of beer bottles, tearing newspapers to get a rhythm, and letting off aerosol cans to get a hi-hat sound »

« The Lost Pink Floyd Album », Classic Rock Magazine, Mark Blake, October 2013


Waters:

« I’ve always felt that the differentiation between a sound effect and music is all a load of shit. Whether you make a sound on a guitar or a water tap is irrelevant »

«Speak to Me», ZigZagMagazine#32, 1973.


Mason:

« (...)« The Household Objects» album would have been the wittiest thing to do next, and it would have been if we could have knocked it out. But I think what we'll do is what we've always done in the past, which is to struggle away at whatever we've got and see how it comes out».

«A Pre-Season report on Pink Floyd», Sounds, August 17th 1974.


Mason:

«There are things like sixteen tracks of glasses tuned to a scale across the 16-track: it can be played across the faders, but what it really needs is each one going through a VCS3 or something, and then coming in to a keyboard. I suppose really it's a very, very, very, very crude Mellotron. There's a whole load of things we've done --some of them just down as sounds that work, others as bass lines, tunes».

«A Pre-Season report on Pink Floyd», Sounds, August 17th 1974.


Nick Sedgewick:

«I remember I went to E.M.I. studios in the winter of '74, and the band were recording stuff with bottles and rubber bands ...».

«Interview w/. Roger Waters», October 1975.


Interviewer: « What were the Household Objects sessions like ? »

Alan Parson:« I figure it was a great shame that they didn't go on with to because it had the makings of becoming a tremendous album. At the time we were doing it, four or five months after Dark Side, it was literally all experimentation. While we were recording the rubber band, for example, we were encountering some problems in that, when you record it, you're dealing with a fixed-pitch. We discovered, almost by accident, thefts way of getting the rubber band right was to sort of prop it uo on matchsticks on a table. Then we found it you put your finger in-between, it would change pitch, of course. And then you found you got an even better sound by sticking matchsticks in the middle, which was the re-discovery of the fret. The mic was literally about 1/8 inch away from the rubber band. The rubber band was about a foot long to get a low note. Eventually, we ended up with a riff that had been played, with this rubber band, made a tape-loop of that, and dubbed on a sweeping-up brush banged on a floor as a high hat. Amazing hi hat sound. Really quite authentic (...) The snare drum was done with aerosol spray, shhh-shhh-shhh, but you couldn't get it short enough by pressing it, si i had to record a long spray and then cut it to 1/2 inch lengths of tape between white leader into a loop to sh-sh-sh. It was a really good snare drum sound »

«Interview w/. Alan Parson», Recording Engineer/Producer, October 1976.


Alan Parson:

« We made the bass loop, then i dubbed on the brush, then each individual beat of the snare had to be dubbed in after that, and then another loop was made on the 24-track. SO it went, click track on the 24-track, then the brush, then a couple beats of the snare individually keyed-in, then a bass drum which was just footsteps on the floor using a lot of EQ »

«Interview w/. Alan Parson», Recording Engineer/Producer, October 1976.


Interviewer:« How much material did you end up with ? »

Alan Parson:« Very little. A lot of it was also compelling tapes of wine glasses vary-speeded at different pitches so you could make up different chords by combining different tracks on the 24-track (...) It was a matter of scraping your finger on the edge and then vary-speeding it from a loop.

In order to make the edit not jump in a loop, you have to make a very long cut. The splice would have to be about 2 1/2 inches »

«Interview w/. Alan Parson», Recording Engineer/Producer, October 1976.


Interviewer:« What else was used ? »

Alan Parson:« Blowing into bottles (...) It's sort of like an organ if you have lots of them and use VSO. We also had electric razor and egg slicer, using the wires for plucking »

Interviewer:« Did any of these recordings turn into a song ? »

Alan Parson:« They kind of tries, but there were never vocals of it. Oh, another thing was footsteps. We overdubbed footsteps to simulate footsteps. Rick was holding the mic by his feet while we walked around the studio. Each group member tried it, and it turned out that Rick had the most suitable shoes. But it really is a shame that album didn't surface. It could have benne really something »

Interviewer:« How much came out of the sessions ? »

Alan Parson:« Well, that's the thing. We ended with virtually zero. And it's a shame because there was a lot of time spent on it, but to do that, some of it became very tedious. We probably spent in excess of a week doing it, and the majority of that was spent going. Later the Floyd wanted me to set up their studio and continue to go on the road. I had done three American tours with them ans it was they that brought me to America »

«Interview w/. Alan Parson», Recording Engineer/Producer, October 1976.


Gilmour:

«We actually did get something out of it that we used on «Wish You Were Here». We did actually use some of the «Household Objects»- the wine glasses were in some of the music at the beginning of the «Wish You Were Here» album »

«90 Years of EMI Radio Special », hosted by Klef Richard, November 26th 1988.


Nick Sedgewick: « I remember I went to E.M.I. studios in the winter of ‘74, and the band were recording stuff with bottles and rubber bands… the period I’m talking about is the before your French tour in June ‘74 »

Waters: «Ah! Right, yeah. Answer starts here… (great intake of breath)... Well, Nick… there was an abortive attempt to make an album not using any musical instruments. It seemed like a good idea at the time, but it didn’t come together. Probably because we needed to stop for a bit ».

Nick Sedgewick: «Why ?»

Waters:« Oh, just tired and bored …»

«A Rambling Conversation with Roger Waters Concerning All This and That», Wish you were here Songbook, 1975.


Mason:

« Almost everything we’ve ever recorded in a studio has been extracted by someone at some point and subsequently bootlegged. However, no such recordings exist of the «Household Objects» tapes for the simple reason that we never managed to produce any actual music. All the time we devoted to the project was spent exploring the non-musical sounds, and the most we ever achieved was a small number of tentative rhythm tracks »

«Inside Out: A Personal History of Pink Floyd», Nick Mason, 2005.


Wright:

« I think it was Roger who said, «let’s make an album without using any of our instruments, but (using) household objects. So we’d spend days getting a pencil and a rubber band till it sounded like a bass… spend weeks and weeks doing this. Nick would find old sauce pans and stuff, and then deaden them to try and make them sound exactly like a snare drum. I remember sitting down with Roger and saying, «Roger, this is insane!» ».

«Which One’s Pink ?», BBC TV, 2007.


Mason: 

«There are things like sixteen tracks of glasses tuned to a scale across the 16-track: it can be played across the faders, but what it really needs is each one going through a VCS3 or something, and then coming in to a keyboard. I suppose really it's a very, very, very, very crude Mellotron. There's a whole load of things we've done --some of them just down as sounds that work, others as bass lines, tunes. The Household Objects album would have been the wittiest thing to do next, and it would have been if we could have knocked it out. But I think what we'll do is what we've always done in the past, which is to struggle away at whatever we've got and see how it comes out»

Sounds, 17 August 1974

DUNE SOUNDTRACK (1976)


Un film tiré du roman de Frank Herbert fut prévu dès que Pink Floyd en acheta les droits d’exploitation. Néanmoins, le groupe laissa cette idée en gestation et finalement libéra ses droits au début des années 70.Le réalisateur Alexandro Jodorowsky s'empara du roman et demanda à Michel Seydoux, célèbre producteur parisien, de le financer. Un casting international se met en place : Orson Welles, Alain Delon, Mick Jagger, Salvador Dali ... Coté musique, Virgin Records propose un certain nombre de groupes de son écurie, le jeune Mike Oldfield, Gong, Tangerine Dream, Henry Cow.

Mais le réalisateur veut Pink Floyd ! Roger Waters, qui était fan de son western«El Topo», accepta d’en discuter avec le cinéaste.


Jodorowsky :

«J'ai eu la chance, grâce à mon film «El Topo», d'être connu par ces musiciens. Ils ont bien daigné nous recevoir à Londres aux studios Abbey Road où les Beatles avaient enregistré leur succès. Je voulais des artistes qui sachent respecter une œuvre d'une telle importance pour la conscience humaine».

«Jodorowsky's Dune», Documentaire, 2013.


Selon le réalisateur, le groupe en train de déjeuner a reçu fraîchement un Jodorowsky très fébrile concernant ce projet pharaonique, l'entretien tourna court et le réalisateur chilien parti avec pertes et fracas. Gilmour couru pour le rattraper par la manche et le ramener à la raison. Cette version est néanmoins démentie par Mason.


Jodorowsky:

« We wouldn't treat someone we admired in such a cavalier fashion »

« The Greatest Albums you'll never hear », Bruno MacDonald, 2013.


Brian Humphries (sound engineer):

« It's just at the talking stages at present. Jodorowsky'snext film will be «Dune», and he came to London to meet and hear the band in the studio. If we do it, it will mean at least a month in the Sahara with a mobile unit, because that's where Jodorowsky is shooting the film. He wants to film to the Floyd's music, so we'll be marooned for a while doing that, but it is an exciting challenge»

«PinkFloyd: more gritty, less giddy », Circus magazine, September 1975.


Alejandro Jodorowky:

« (...) They happily agreed to meet us in London at Abbey Road Studios where the Beatles had recorded their success. Jean-Paul Gibon was very pleasantly surprised that the group would see us. At that time, I had already almost lost my individual consciousness. I was the instrument of my sacred, miraculous work where everything could happen. Dune wasn't at my service, I was like the samurai that I had found, at the service of the work. They were in the middle of recording Dark Side of the Moon. Upon arriving, I didn't see a group of musicians in the middle of making their masterpiece, but four young guys eating fried steaks. Jean-Paul and I, standing in front of them, had to wait for their voraciousness be to satisfied. In the name of Dune I was taken by an anger and I left slamming the door. I wanted some artists who knew how to respect a work of such importance for human consciousness. I think that they didn't expect that. Surprised, David Gilmour ran behind us giving excuses and made us attend the final mixing of their record. What ecstasy... After, we attended their last public concert where thousands of fanatics cheered. They wanted to see The Holy Mountain. They watched it in Canada. They decided to participate in the film by producing a double album which was going to be called Dune. They came to Paris to discuss the financial part and after an intense discussion, we came to an agreement. Pink Floyd would do almost all the music of the film »


Interviewer: «Vous allez tourner un film, du moins vous allez faire la musique d’un film d’Alejandro Jodorowky qui va s’appeler «Dune», et vous avez prévu pratiquement un an de composition et un an d’enregistrement … on parle d’un space-opéra, d’un budget énorme. Qu’est-ce que cela sera? Est-ce que cela sera véritablement encore une fois une étape un petit peu grandiloquente de Pink Floyd?»

Waters:«En fait, c’est pas du temps que nous consacrons à le faire, nous n’avons simplement pas autre chose à faire. Nous n’avons pas mis de côté un an pour cette composition, nous n’avons pas autre chose à faire. Depuis la fin de juillet jusqu'à Noel de toute façon nous n’avions de toute façon aucun projet rien du tout … nous allions nous séparer »

Interviewer: « «En fait, vous avez le sentiment de ne pas vraiment choisir ce que vous devez faire? C’est grave ce que vous dites là»

Waters:«Non c’est que «Dune» est un roman que nous avons tous lus et que nous avons beaucoup appréciés et aimé. De plus nous avons également beaucoup aimé le film qui en a été tiré et en fait il y a environ un an nous pensions acheter les droits de ce film qui allait en fait de droite à gauche dans le show-business depuis 5 ou 6 ans. Et lorsque Philippe (NDR: Constantin) nous a appelé et a dit que Jodo aller être producteur de ce film et est-ce que cela nous intéresserait, nous avons dit oui. Et puisque que c’est lui qui va diriger le film nous sommes intéressés»

«Tout peut arriver», Europe 1, 1st September 1975.


Mason :

« Il y eut même un moment où nous avions décidé de prendre une année de liberté et de faire des choses chacun de notre côté parce que nous nous ennuyions vraiment entre nous. Et puis, comme toujours, il est arrivé quelque chose que nous avions tous envie de faire. C’était en l’occurrence pour la musique de « Dune ». Le projet ne risque pas de se réaliser maintenant, mais sur le moment, nous nous y sommes tous mis, préférant faire cela ensemble plutôt que des albums solos ».

« Your Mother didn’t like this », Capital Radio, December 1976.


Moébius fut engagé pour réaliser un story board et H.R Giger ainsi que Dan O'Bannon (concepteurs du futur«Alien»). Au regard de ce matériel, le Floyd s’engagea donc pour livrer un double album avec le groupe Magma en appui sur certaines scènes. Néanmoins le coût de production (30 millions de Dollars de l'époque, soit 130 millions en 2013) obligea les français à demander une co-production avec un studio américain. Aucun studio ne voulait parier sur un film de Science-Fiction à cette époque (c'était avant la déferlante «Star Wars»).

SPARE BRICKS (1982)


Projet de bande-originale du film «Pink Floyd The Wall» engagé en 1982 puis abandonné devant le manque d’intérêt de la chose (Waters a notamment trouvé que certains titres tels que Motherétait trop ennuyeux à l’écoute). Le bassiste décida à un moment donné de ne conserver que les morceaux les plus intéressants et d’y accoler quelques inédits laissés de côté tels queYou possible Past,Teach(futurOne of the few) ou Teacher, teacher(The Hero’s return). Mais le musicien décida de plonger dans la composition d’un nouvel album intitulé «The Final Cut». Jusqu’en Juillet-Août 1982, le nom de travail de la bande-originale s’appellera « The final Cut».

Un article du 24 Juillet 1982 dans le « NME »

Un article de Août 1982 dans « Billboard »

« Melody Maker », Août 1982

THE PROS AND CONS OF HITCH-HIKING (Pink Floyd Version) (1984)


Le groupe au moment du projet «The Wall» enregistre également plusieurs pièces pour la seconde maquette de Roger intitulée « The Pros and Cons». C'est a priori Gilmour qui développa le riff bluesy de l’intro de The Pros and Cons of Hitch-Hiking. On peut entendre le titre Sexual Revolution dans le coffret Immersion de « The Wall ».

THE BIG SPLIFF (1995)


Nick Mason, dans son livre a dévoilé l’information selon laquelle le Pink Floyd aurait pu sortir un album composé des différents jams et effets électroniques issus des séances d’enregistrement de «  The Division Bell ». Le processus de composition initié en 1993 avait en effet amené les trois membres ont jamé pendant des semaines afin d’écrire un maximum de musique. Selon David, le groupe se serait trouvé en présence d’une soixantaine de morceaux inachevés. La tournée mondiale les a empêché de travailler tout de suite sur cette suite.


Andy Jackson:

«It was just a mash-up of some of the psychedelic noodling from the Division Bell jams (…) It could have happened if there had been more time. But there was a time limit, a tour was booked. And work expands to fill the available time. We just got the album done. It never got thought about again, really »

«Coming back to Life », Uncut, October 2014.


Gilmour se serait désintéressé finalement de ce projet même s’il a repris quelques extraits dans la bande-son du documentaire «Color of Infinity». Quant à Wright, il repris certaines compositions pour son album solo « Broken China », dont le futur titre BreakThrough que le guitariste appréciait particulièrement et qu’il regrettera plus tard de n’avoir pas pu l’inclure dans le dernier album des Floyd (il l'ajoutera à ses tournées solo en compagnie du pianiste). Il est à noter qu’une partie de ces morceaux sont sortis il y a quelque temps sur le bootleg « 1987-94 - Late Floyd Outtakes ». Contrairement à ce qu'ont cru les fans du groupe pendant un moment, cette bande ne constitue pas le noyau de l'ultime album du groupe « The Endless River » sorti en 2014.


Nick Mason:

«I think that at this point, there’s not a big connection anymore, [The producers] took a huge bunch of stuff and meted out what should be kept. To me, 'The Big Spliff' was an early pass at this recording. Whatever is there now, the initial distillation was done from all those takes that were lurking around»

«Nick Mason Talks About How Pink Floyd's New Album Evolved From 'The Big Spliff’», Ultimate Classic Rock


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