A SAUCERFUL ERA

One in a Million (Wright/1967) 

She Was a Millionaire (également intitulé Rush in a Million, Brush your Window, Once in a Million ou encore She was a Millionaire) est le titre inédit du Floyd de cette époque; en tout cas qui fait sans doute le plus fantasmer les fans du groupe pour deux raisons : il semble que ce titre soit finalisé ; le Floyd ayant utilisé toute la séance du 18 Avril à travailler uniquement sur ce titre. Ensuite Andrew King à affirmé à Nick Kent (en 1975) qu’il considérait ce titre comme l’un des meilleurs travaux de Syd Barrett. Ce dernier a essayé de reprendre ce morceau lors des séances d’enregistrement de « Barrett » le 7 juin 1970, en vain.

Peter Jenner :

« We did know that Syd had songs that had never been recorded - is juvenilia. He had a binder with lyrics in. And there were songs from the EMI period, like she's a millionaire. 

It had a hook, had potential »

« Syd », Uncut,  June 2016.

« BBC colour TV series » (Barrett/1967)  

Un article du « Melody Maker » datée du 14 Octobre 1967 indique que le Floyd a enregistré la bande-son d'une nouvelle série de la BBC.

Melody Maker reported the Floyd have recorded a soundtrack for a new TV series for the BBC.

Jugband Blues (Syd’s mix version) (Barrett/1967) 

Alors que le groupe était d’enregistrer de nouveaux titres dans la perspective de leur nouvel album (qui sera « A Saucerful of Secrets »), Peter Bown tomba malade, ce qui laissa un peu plus de latitude aux desiderata de producteur de Syd. Ce dernier désirait faire intervenir l’orchestre de l’armée du salut sur ce morceau afin de remplir les 6 mesures vacantes. Toutefois la seule instruction donnée à cet orchestre fut de faire n’importe quoi !

Peter Jenner:

« Norman  nous les a ramené car il avait fait un disque avec l’Armée du Salut (…) mais ce n’était par l’orchestre au grand complet (…) seulement, je crois, 5 à 8 musiciens.Je crois que Syd les voulait (…) »

« Random Precision », David Parker, 2001.

Au retour de Bown une discussion sérieuse s’engage entre Barrett et celui-ci à propos de cette section centrale. Finalement la documentation en présence de cette séance montre q’une piste a été faite selon l’idée de Syd mais n’a jamais été réellement mixée dans la chanson.

Peter Jenner :

« (…) Syd voulait que cela sonne très balloche (…). Alors, Norman a dit à Syd « Et ca veut dire quoi : jouer n’importe quoi ? ». (…) L’idée je crois était que cet orchestre de cuivre viennent, joue et s’en aille progressivement. C’était une sorte de truc comme pour les Beatles dans « Good Morning, good morning » (…) ou dans « The Benefit of Mister Kite » (…) ainsi, cet orchestre de cuivre était une sorte de … rêve au sein de la chanson ».

« Random Precision », David Parker, 2001.


Andrew King :

« (…) Syd voulait leur faire jouer de façon aléatoire, des improvisations … mais Norman avait écrit une suite d’accords pour eux donc il y avait une réelle divergence d’opinion à ce moment. Je pense que nous avons enregistrés … j’ignore si cela a jamais été mixé, mais nous avons enregistré la version improvisée … mais la version de Norman a gagné à la fin (…) Vous savez, cet effet consistant à avoir une sorte de son psychédélique venant d’un orchestre de bal au milieu de cette chanson … je veux dire … phew ! »

« Random Precision », David Parker, 2001.

Early Morning, Henry (non-crédité/1967) 

Un titre sans doute écrit par Syd et enregistré lors d’ une séance de 7 heures le 23 Octobre aux De Lane Studios. Malheureusement, le master a été perdu. Néanmoins, le titre est présent sur les sessions sheet de l’époque. Il est noté dans les archives de EMI que le morceau a été sauvegardé sur un disque souple et emporté chez lui par N.Smith (« taken on a plastic spool by Norman Smith »). Ceci dit, ce titre est assez douteux car un groupe de l'époque qui enregistrait dans les studios Abbey Road à la même époque que le Floyd créa un titre portant précisément ce titre.  Gulliver's People  était managé par Norman Smith; il n'est donc pas impossible qu'il y ait eu confusion entre ces deux groupes.

Peter Jenner:

« It might have been an instrumental or something. It might have been one of thouse things they had a doodle and they liked it and called in something. The thing was you had to call it something otherwise it couldn´t be put on the sheet. So it might have been that, it might have been « Oh let´s call it Early Morning Henry » »

« Random Precision : Recording the Music of Syd Barrett 1965-1974 », David Parker.

Session-Sheet datant du 29 Octobre 1967 attestant de la présence de ce titre

John Latham (non-crédité/1967) 

Instrumental. John Latham est un artiste qui a participé à différents happening de Londres dans les années 60. Il travailla avec le groupe au festival « Music in Colour » le 17 janvier 1967 où il fit une apparition. 

A la fin du mois d'Octobre 1967, Syd demanda au reste du groupe de composer la bande-son définitive de ce film muet de Latham que le groupe projeta souvent sur scène. Une fois complétée (le 20 Octobre 1967 Aux De Lane Studios), elle fut présentée à l'artiste qui la refusa. Cette bande produite par Norman Smith est toujours archivée dans les studios d'Abbey Road. Elle est finalement sortie sur le coffret « Early Years ».

Instrumental. John Latham was an experimental artist who made some appearances in some London's Happening in the sixties. He worked with the band for the « Music in Colour » festival in January 17th 1967.

In the late October of the same year, Syd asked to the rest of the Floyd to compose a soundtrack for this silent short-film screened on stage. Once completed, 

John Latham dropped it, finally. This tape produced by Norman Smith is still in the EMI's vaults. Finally released on the « Early Years » Boxset.

John A. Walker :  

« En divers occasions, Latham projetait son film  » Speak  » pendant que le groupe jouait. (…) même s’il n’y avait pas réellement de synchronisation entre les images et la musique. Pensant combiner le film et la musique plus systématiquement, Latham demanda au Floyd de fournir une bande-son. 

Le groupe donna son accord et une séance d’enregistrement fut organisée. L’artiste expliqua qu’il voulait une musique qui colle aux pulsations rythmiques puissantes du film. Le groupe n’arriva pas ou ne voulut pas offrir une musique adéquate ; par conséquent, l’association prît fin. Une bande-son fut ajoutée plus tard sur une copie de « Speak  » : Latham placa un micro sur le sol pour enregistrer le rythme d’une scie circulaire (…) ». 

« John Latham: The incidental person - The art and Ideas », John A.Walker, 1994.

Show du 17 janvier des Soft Machine, avec John Latham 

portant sa pieuvre en papier appelé NOiT.

Mason:

« I have absolutely no memory of these sessions. When I heard the tracks, which i found intriguing, i thought that we might have done them for a multimedia event. You'll understand when you hear them, it's very free-form, as if they were recorded for a film. But I don't know where or when we did them. They're kind of weird, not really good to my view, and it's a typical example of things upon which we really questioned ourselves before publishing them »

« Interview with Nick Mason », Rock & Folk, November 2016.

Paintbox (Barrett’s guitar version) (Wright/1967) 

Il existerait une version de ce titre avec Barrett jouant de la guitare avant que cette partie ne soit ré-enregistrée par David Gilmour.

« No Title » (non-crédité/1967) 

Titre listé comme tel sur une des bandes enregistré en Novembre 1967 aux Sound Techniques Studios lorsque le groupe envisagea de reprendre certains titres déjà mis sur bande pour l’album « A Saucerful of secrets ». Phil Smee a écouté en 1987 des bandes à EMI contenant un « unfinished backing tracks » qui « sonnait un peu comme le pont central de See Emily play »

Phil Smee was played a tape at EMI of an « unfinished backing tracks » who « sounded a bit like the middle section of See Emily play»


« Tomorrow World Jam » (non-crédité/1967)

Ce titre a été donné par les collectionneurs du groupe a une improvisation réalisée par le groupe dans la maison de Mike Leonard alors qu’il présentait un système de jeu de lumière pendant un programme de la BBC intitulé « Tomorrow’s World » (diffusé en Janvier 1968). « Tomorrow World » est une émission de la BBC consacrée aux dernières innovations technologiques.

Se référer à la page consacrée aux apparitions videos du groupe pour plus d’information.


Green Onion (Steve Cropper, Booker T. Jones, Lewie Steinberg, Al Jackson, Jr./1967) 

Le Floyd joue un second morceau lors du programme « Tomorrow’s World » qui est une reprise de Booker T & the MG's (17 Décembre 1967 ,dans la maison de Mike Leonard).

Have you got it yet ? (Barrett/1968) 

Le groupe répète avec le nouveau venu Gilmour dans un école de l’ouest de Londres du 6 au 9 Janvier 1968. Le refrain consistait en un jeu-réponse entre Barrett, qui chantait la phrase éponyme, et le groupe disposé en cercle autour de lui qui devait répondre « No! no! no! » (Waters l’a d’ailleurs fredonné sur le DVD consacré à Barrett). Barrett en profite pour présenter un nouveau titre. 

A chaque fois que la chanson arrivait au refrain, Barrett changeait la suite de la chanson ce qui a été pris par le reste du groupe comme un acte de mauvaise foi.

Nick Mason:

« We were teaching Dave the numbers with the idea we were going to be a five piece. But Syd came in with some new material. The song went Have you got it yet ? and he kept changing it so that no one could learn it »

« Pink Floyd », Zigzag 32, March 1973


Roger Waters :  

« C’était un véritable acte de mauvais esprit. Je ne le pigeais pas du tout. Je suis resté là pendant une heure pendant qu’il chantait… essayant de m’expliquer pourquoi il la changeait tout le temps et que je ne pouvais suivre »

Incarceration of a Flower Child (Waters/1968) 

Maquette développée par Waters à l’époque de « A Saucerful of Secrets » mais qui fut finalement donnée 33 ans plus tard à Marianne Faithful.

Rythm Track (non-crédité/1968) 

Morceau développé lors des premières séances de Let there be more Light (le 18 Janvier 1968). Il est possible que cette suite d’accord soit à la base du titre The Doreen’s Dream (préversion de Julia’s Dream). Néanmoins, ce titre apparu de nombreuses fois lors des sessions subséquentes; il peut s’agir alors d’un morceau indépendant. Bref, dans tous les cas, il semble que cela soit la seule trace studio du Pink Floyd avec le line-up à cinq !

Corporal Clegg (Waters/1968) 

Il existe une version avec un final différent diffusé lors de leur passage à la TV belge en février 1968 (enregistré le 31 Janvier aux studios EMI). Cela s'explique par le fait que le groupe était en pleine séance d'enregistrement de l'album quand il ont tourné pour la TV. Il sont donc utilisés une prise alternative. Pour plus d'informations, se référer à la page consacrée aux apparitions videos.

Boppin' Sound (non-crédité/1968) 

On ne sait rien de ce titre (également intitulé The Bobbin’ Sound). sinon qu’il fut développé dans la nuit du 12 au 13 février 1968 par le groupe qui en fit qu’une seule prise. 


« The Sound of Changes » (Gilmour, Mason, Waters, Wright/1968) 

Ce titre enregistré à la BBC le 26 Mars 1968 provient d’un documentaire de la BBC consacré à la musique Pop. Après les interviews de Mick Jagger, Bill Haley et de Pete Townshend, le final est constitué d’une performance du Floyd sous une tente éclairée par des lumières psychédéliques. Cet instrumental est inconnu (le titre également) mais ressemble au milieu de Nick’s Boogie; il est d’ailleurs possible que le groupe joue sur le play-back du titre. Ce titre a été montré au public lors du Warm-up précédant le set à Knebworth en 1990. On retrouve depuis ce titre dans de nombreuses video non officielles du groupe. Le titre est finalement sorti sur le coffret « Early Years ».


Nick’s Boogie (1st, 2nd & 3rd movements) (non-crédité/1968) 

Une certaine confusion règne sur ce titre, enregistré lors du mois de Mai 1968, pour deux raisons. certains pensent qu’il s’agit de l’improvisation jouée en Janvier 1967 et que l’on retrouve dans le film « Tonight, let’s all male love in London ». Pour d’autres, il s’agit de la partie de batterie dans A Saucerful of Secrets appelée A Syncopated Pandemonium.

Si l’on voit mal le groupe revenir à une de ses improvisations (qui par définition n’a pas été transcrite), la seconde solution semble donc être la bonne.  

Il est vrai que le morceau-titre du second album est un assemblage de différentes parties. D’ailleurs le titre éponyme n’apparaît jamais comme tel dans les track sheet des séances d’enregistrement. En revanche, nous savons de façon quasi-certaine que le titre Richard’s Rave Up enregistré le 12 février 1968 correspond à la dernière partie appelée Celestial Voices. Le fait d’identifier une partie de cette chanson par le nom de celui qui l’a composé semble montrer qu’il s’agit d’un projet de travail solo en vue d’un collage ultérieur.

La seule chose qui pourrait nous faire douter est la dénomination de l’instrumental sous 3 mouvements distincts. Ces trois mouvements pourrait en fait correspondre aux trois premières parties de A Saucerful of Secrets (Something else / Syncopated Pandemonium/ Storm Signal ) ou à trois mouvements que l’on peut distinguer à l’intérieur-même de Syncopated : la boucle de batterie, les mailloches et l’arrivée de l’orgue. 

Mais l’indice le plus pertinent réside dans les notes prises par les ingénieurs du son de l’époque qui indiquent que le titre Nick’s Boogie (1st, 2nd & 3nd movements) à été raccourci et inclus dans le master. Seule le troisième mouvement à été gardé ; il pourrait correspondre au fameux drum loop.

Dernière question : pourquoi le groupe n’a pas marqué le titre définitif sous lequel est connu A Saucerful of Secrets lors des séances d’enregistrement ? 

Et bien, Pink Floyd était connu pour donner des titres de travail à ses morceaux. De plus, les titres ont été souvent considérés comme anecdotiques. Ainsi, le titre Atom Heart Mother trouvé quelques minutes avant de le présenter au public ; ou encore, Echoes que Waters a affublé de multiples titres même après son enregistrement. Ainsi, le groupe présenta le titre en question sous l’intitulé The Massed Gadgets of Auximenes lors des séances à la BBC !

Silas Lane (Barrett/1968) 

A la fin de la séance du 6 Mai 1968 (au studio 3 à Abbey Road), Syd a décidé d’enregistrer deux nouvelles pièces. La première été une prise de Silace Lang (c’est comme cela que le titre était écrit sur le boitier de la bande). Ce morceau avait été proposé à ses ex-collègues avec l’idée de l’enregistrer avec un joueur de saxo et de banjo! Repris par Barrett sous le nom de Swan lee lors de sa première session solo le 6 Mai1968.

« The Committee Soundtrack » (Barrett's Version) (Barrett/1968) 

Une rumeur courant dans les cercles de fan semble accréditer la thèse selon laquelle le Floyd était revenu aider Barrett a honorer l'engagement qu'il avait pris avec Max Steuer, auteur et producteur du film expérimental « The Committee » . Cela signifierait que le groupe se serait reformé à 5 en Avril 1968. Toutefois, cette version est fausse, le nouveau Floyd enregistra cette bande sans l’aide de Syd.

Il est néanmoins exact que Syd a travaillé sur cette bande-son avant que le groupe ne reprenne le projet. Cette séance s’est déroulée le 30 Janvier 1968 aux Sound Technique Studios à Londres. Cela a notamment été confirmé par le livre de David Parker qui a retrouvé le session-sheet qui indique la date du 30 Janvier 1968 et sur laquelle il est mentionné que « Syd était le seul présent ». Cette séance fut décalée du 30 janvier au 7 février 1968.

Peter Jenner:  

« Nous ne savions pas ce qui allait arriver, nous ne savions pas où nous allions. Nous ne savions pas si cela allait devenir de nouveaux titres pour le Floyd ou si ça serait un truc de Barrett. Initialement je pense que l’intention était certainement de continuer à travailler sur le matériel du Floyd et peut-être avoir de nouvelles chansons ».

On fit appel à Brian Davidson, batteur de The Nice, et à Steve Peregrine Took pour enregistrer cette session de vingt minutes. Le lendemain et les jours suivants, Barrett fut porté disparu et Waters, alerté par les nombreux coup de fil de l'employé des studios à Peter Jenner, décida d'impliquer de nouveau le groupe (qui avait précédemment décliné l'offre).

Certains historiens du Floyd ont pensé au départ que la bande-son était réalisée par Barrett en collaboration avec Waters.

Max Steuer :

« Je connaissais Pink Floyd par leur premier manager, que je connaissais depuis la London School of Economics, et j’aimais beaucoup ce qu’ils faisaient musicalement.

A l’époque, je pensais que cela pourrait être très intéressant d’avoir une personne qui fournisse la bande-son et j’ai toujours trouvé que Syd était très, très charmant et j’aimais … l’ambiguïté … avec laquelle il s’exprimait; c’était assez remarquable. Je pense qu’il était un de ces musiciens qui creusait son sillon par le biais d’une créativité pure, car il n’était pas un grand virtuose de la guitare mais avait une vision de la musique incroyable. 

J’ai discuté de l’histoire avec lui pendant un long moment et il a lu mon histoire originale : il était sur la même longueur d’onde que moi, ce que je pensais être un gros avantage. Il était d’accord pour le faire et tout semblait être prêt. Cela a pu se passer à la fin décembre 1967 ou au début de janvier 1968. Je ne suis pas vraiment sûr, mais c’était durant l’hiver. Je crois qu’il avait déjà quitté Pink Floyd à ce moment là. Peter Sykes, le réalisateur, avait réservé une séance de 10 heures dans un studio assez cher ici à Londres bien que le budget musical pour « The Committee » n’était pas particulièrement impressionnant.

Mais quand vint l’heure d’enregistrer, Syd accusait déjà une heure de retard. Finalement il est arrivé, sans sa guitare mais avec un sandwich. Il a commencé par s’asseoir et par le manger, nous disant qu’il « voulait s’imprégner de cet endroit ».

Finalement, quand il eut fini et qu’il était prêt à enregistrer, il s’est tourné vers nous et nous a demandé « où est le groupe avec lequel je vais jouer ? »

Alors, Peter et moi sommes mis à appeler frénétiquement tout le monde aux alentours et finalement on a réussi à avoir quelqu’un qui jouait une basse et un batteur ; et même réussi à choper une guitare pour lui. Mais alors que tout le monde semblait enfin être prêt, Syd nous a dit qu’on l’énervait et qu’il aimerait bien que l’on quitte le studio pendant qu’il enregistre. Bon, OK, pour le salut du projet, nous sommes sortis. Peter et moi sommes allé au restaurant de l’autre côté de la rue pour avaler un diner rapide. Après environ une heure, nous sommes retourné au studio, et on s’est rendu compte que Syd et les autres avaient fini la bande-son, soit à peu près 20 minutes de musique. Je lui ai demandé si nous pouvions écouter le playback, et il a répondu oui, mais que l’ingénieur devait passer la bande à l’envers car cela sonnait mieux ainsi !

Autant que je me souvienne, c’était intéressant, mais Peter et moi avons assez tôt réalisé qu’on ne pouvait le considérer  comme une bande son définitive.

Je ne suis pas sûr que Syd n’ai jamais su, ou même s’il se souciait, que l’on n’a jamais utilisé sa contribution dans le film. Après qu’il ait quitté le studio, je ne l’ai jamais revu depuis. Il ne m’a jamais contacté et je ne l’ai jamais contacté. Je pense qu’il a du sentir qu’il avait fait sa part du boulot et que c’était tout.

Un de mes plus grands regrets, néanmoins, est d’avoir donné la bande comprenant la version de Syd et de n’en pas même pas avoir gardé une copie. Tu sais, quand il est devenu évident que sa musique ne serait pas utilisée dans le film, Peter Jenner m’a demandé s’il pouvait l’avoir. Je l’ai donnée, et c’est la dernière fois que je l’ai vu. Je n’ai aucune idée de l’endroit où cette bande se trouve ».

 Fanzine "Late Night" N°5. 


Interviewer : « In our group we discussed the sessions Syd Barrett recorded for the film The Committee, and it was said that you were in possession of those tapes. Is this true ?»

Peter Jenner : « As far as I know I am not in possession of these tapes, I might have been given a copy, but I surely not the masters (…) It was indeed Max Steuer, and he may have given us the tapes. But I do not remember them. But many things disappeared with the sudden collapse of Blackhill. My recollection is that they were less than amazing. However if I come across anything I will let you know

« An innerview with Peter Jenner », Birdie Hop Website, 25 April 2014.

Max Steuer :  

« Roger was not involved at all in that first try with Syd. Syd read the story and said he would do the film. This seemed fine by me »

Max Steuer Documentary, Committee DVD.


Interviewer: « Regarding your accounts of the 1968 solo « The Committee » session, was it an accident that Syd’s solo Committee soundtrack was played backwards or was there more sinister motive ? » 

Bernard White: « No, Syd Barrett did that himself. It was meant to be backwards. I have an interview with the director of the film. That’s what he said, the annoying thing was he said, the only person he gave the recording of twenty minutes of Syd Barrett was Peter Jenner, 

the only person who has that recording. Max Steuer, who wrote The Committee and produced the film. He was the man who actually recorded, arranged for Syd Barrett to record the Committee soundtrack. That was more or less the last thing he [Syd] did, because what happened was that they weren’t happy with, obviously, they didn’t quite realize the monumental blunder they made there.  

(...) So really, that was the last thing Syd Barrett did as a member of the Pink Floyd. None of the other members were involved with the session he did. So that was late December or early ’68. So obviously they must have thought it [the recording] was faulty or something » 

« Interview with Bernard White », Syd Barrett Appreciation group (unpublished), 2003.

« The Committee Soundtrack » (Pink Floyd Version) (Gilmour, Mason, Waters, Wright/1968)    

Après l'échec de la tentative de Barrett, le Floyd a donc été obligé de pallier Syd pour ce contrat. Il y a huit pièces de musique assez informelles enregistrés au mois de Mai à Londres au 3 Belsize Square. Seul le thème central instrumental (enregistré en version lente et rapide) présente quelque intérêt (on le retrouve sur l’écran final déroulant les crédits du film. A noter qu’une pré-version (voire une proto-version) de Careful with that Axe, Eugène apparaît sur ce projet. La bande-son tirée directement du film est présente sur le coffret « Early Years ». 

Le groupe a confirmé qu’i n’y avait pas d’enregistrement autre que ce qui a été fait en direct lors de la projection du film.

Max Steuer:

« En tout cas, nous étions là avec un film terminé et aucune bande-son. Heureusement, pas très longtemps après cela, Roger Waters m’appela et m’a dit que le Pink Floyd était disponible pour la faire si j’étais intéressé, ce qui était le cas. Travailler avec eux fut une expérience totalement différente. Pour une chose, ils étaient très disciplinés dans l’approche de l’enregistrement et tout était travaillé à l’avance et bien mise en place. J’avais une grande pièce dans mon appartement, et nous avons passé un long moment à mettre les choses en place avant d’enregistrer la version finale dans un grand studio équipé de Londres (sans doute De Lane Leo). Je me souviens très bien de ces répétitions et c’était vraiment assez incroyable parce qu’à 8h30 du matin leur van s’est arrêté devant ma porte et leurs managers ont commencé à décharger leur équipement pour les installer. Cinq minutes plus tard, Roger Waters est arrivé, et cinq minutes après lui le reste du groupe s’est pointé ! A partir de 9h, tout était prêt et nous avons passé les 10 heures suivantes à explorer certaines idées, regardant ce qui marchait et ce qui ne marchait pas, mettant les choses en forme. Ils savaient ce qu’ils allaient jouer, et quand vint le moment d’enregistrer la véritable bande-son, nous avons même projeté le film dans le studio ce qui leur a permis de jouer dessus. Tout sur la bande témoin fut fait en synchronisation avec les parties correspondantes du film, et tout est s’est bien déroulé à la fin ».

Fanzine Late Night N°5. 


Mason :

« Nous avons fait la musique de « The Committee » , un film de Paul Jones. Elle a été bouclée en une matinée et comme ca n’était pas suffisamment convaincant, elle n’a jamais été enregistrée »

« Pink Floyd », Jean-Marie Leduc, 1977. 


Max Steuer 

« We started by working with Syd Barrett. Alas, this was not a viable option. Roger Waters heard about these efforts, and suggested the Floyd could do the job. I am so glad he did. It was absolutely wonderful working with them, and the outcome could not be better ».

 Max Steuer Documentary, Committee DVD

Song 1 (aka instrumental) (Unknow/1968) 

Ce titre enregistré lors du passage aux Capitol Studios de Los Angeles le 22 Août 1968 préfigure le morceau Cymbaline.

Roger's Boogie (Unknow/1968) 

Six prises ont été faites de ce titre lors du passage aux Capitol Studios de Los Angeles le 22 Août 1968. On retrouve des éléments développés pour le futur Cirrus Minor.

Peter Jenner:

« Nous étions en tournée aux États-Unis, et quelqu'un a suggéré qu'on essaie d'enregistrer. Alors nous sommes allés à la Capitol Tower, dans un studio fantastique, sauf qu'on n'avait rien de particulier à enregistrer. On n'avait qu'une journée, donc peu de chances de terminer quoique ce soit. Alors on a jammé, et c'est ce qui en est sorti ».

« Pink Floyd : tout est là, et même plus », Rock&Folk, Novembre 2016.

Keep Smiling People (Gilmour, Mason, Waters, Wright/1968) 

Préversion de Careful with that Axe, Eugène telle que jouée à la BBC en 1968.

Gilmour

« Au commencement, c’était une improvisation. La basse jouait le gimmick. Richard et moi, on improvisait … c’est devenu un morceau. La première version est sortie sur un simple en Angleterre en 1969 ». 

« Pink Floyd », Jean-Marie Leduc, 1977.

Pawn to King 5 (Gilmour, Wright/1968) 

Musique des ballets Ramblet de John Chesworth basé sur une histoire d’échecs. Cette musique fut enregistrée fin 1968 et a donné lieu à plusieurs utilisations au cours des années. Il n'y a pas plus d'informations sur ce titre. Seul le dossier de presse édité pour la sortie du film « Pink Floyd - The Wall » mentionne cette bande-son pour la seule fois officiellement.

RarePinkFloyd • Design by RmF • January 2019