UMMAGUMMA ERA

David et Nick en Janvier 1970 au théâtre  des  Champs-Elysées à Paris

Doing It! (Waters, Wright, Gilmour, Mason/1969)  

Ce titre, crédité collectivement, consiste en un jeu de questions-réponses entre la batterie de Nick et des percussions jouées par Gilmour et Waters (qui s’attarde lui sur les cymbales). Wright s’occupera, dans les versions ultérieures, des bruitages. Au sein de la suite « The Man  », ce titre était sensé représenter l’acte sexuel entre les deux protagonistes. Il fut joué pour la première fois le 14 Avril 1969 au Royal Albert Hall et pour la dernière fois le 23 Janvier 1970 au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.


A Saucerful of Secrets (w/. Orchestra & Choir) (Waters, Gilmour, Wright, Mason/1969) 

Exceptionnellement un orchestre philharmonique et un choeur féminin a rejoint le groupe sur scène pour ce dernier morceau lors du spectacle-concert « The Final Lunacy ! » donné le 26 Juin 1969 au Royal Albert Hall de Londres. Cette idée de jouer avec un orchestre symphonique fut évoquée par le groupe depuis 1968 et a sans doute constitué la première étape dans la réalisation de l’album « Atom Heart Mother ».


The Labyrinth of Auximenes (Waters, Wright, Gilmour, Mason/1969) 

Morceau présent dans la suite « The Man & the Journey ». Le titre est basé sur les quatre accords que l’on entend au début de la version studio de The Narrow Way (Part 3).


Nightmare (Waters/1969) 

Version retravaillée de Cymbaline en vue des concerts-concepts « The Man and the Journey ». A noter que le groupe l’a joué sous cette forme le 16 Juin 1969 lors de l’émission « Dim Dam Dom » mais il est impossible de mettre la main dessus.


Behold the Temple of the Light (Waters, Wright, Gilmour, Mason/1969) 

Instrumental joué lors des concerts de « The Man & the Journey ». Morceau faisant partie de la partie « The Journey ». 


Labyrinth (Waters, Wright, Gilmour, Mason/1969)

Ce titre faisait suite à Nightmare (Cymbaline). L’enchaînement est tel qu’il s’apparente plus à la fin du titre précédent qu’à un nouveau morceau. Il apparaît toutefois sous cette forme au sein du programme de la tournée. Les bruitages de sonnerie de réveil sont tirés des bibliothèques d’effet de EMI.

Work (Waters, Wright, Gilmour, Mason/1969) 

Un essai de musique concrète avec le groupe montant et bricolant une table. La musique est produire par les marteaux, les scies et autres outils accompagné de xylophone et de percussions. Chacun utilise un outil différent et se synchronise avec l’autre.

Il n’est donc pas rare que cette « chanson » soit totalement différente d’un concert à l’autre (ce que prouve l’écoute des bootlegs de cette année-là). La première représentation eut lieu le 14 Avril 1969. Cela préfigure peut-être le projet « Household Objects » qui sera abordé deux ans plus tard. En effet, c’est une idée chère à Nick et Roger qu’ils soumettront souvent aux deux autres membres de Pink Floyd.

Tim Renwick: 

« They built a table with rhythmic hammering and sawing. When it was done, the roadies came on with a pot of tea and switched on a transistor radio and put a mike in front of it, so the entire audience would be listening to whatever happened to be on the radio at the time while the guys were drinking their tea. It was tremendous, really good ».

Interviewer: « (…) Il y a aussi une très longue chanson, 12 minutes … je vais poser à Nick Mason une question : vous souvenez-vous d’avoir planté des clous pendant le show ? » 

Mason: « Je vous demande pardon ? » 

Gilmour: [en traduisant de français en anglais] : « Vous souvenez-vous d’avoir joué du marteau sur scène … dans vos bons vieux jours ? »  

Mason:  « Oui !!! » (rires)

Interviewer : « 23.01.1970, Theatre des Champs Elysées … » [ils passent Work]  

Gilmour : (ironique)  « Et Vous m’avez demandé tout à l’heure pourquoi ce n’était sur album ? …  » (rires)  

« Radio Libre à Pink Floyd », Europe 1, 1st Mai 1982.

« Unfinished Symphony » (aka Autumn 68') (Wright/1969) 

Un projet de Wright, alors très versé dans la musique classique, qu'il jouait de temps en temps chez lui ou en répétition avec le groupe. Il demandait d'ailleurs aux techniciens de l'enregistrer pour qu'il puisse la travailler. Un des plus célèbre témoignages reste cet enregistrement de trois heures au Royal Albert Hall en utilisant le studio mobile d’EMI mobilisé pour l’enregistrement du disque live de « Ummagumma ». Cette bande appartient désormais à sa veuve Gala et a été très partiellement utilisée (et réarrangée) sur « The Endless River » sous le titre auto-référentiel Autumn 68’

Jimmy Youth:

« According to David, he was playing his unfinished Symphony just after they had finished sound checking. Maybe one day, Gala may want to finish it, as it was a very beautiful piece. It was amazing to discover that Rick had composed a symphony »

« The making of the Endless River », Prog Magazine, October 2014.


Andy Jackson:

« There’s a moment that goes to this large pipe organ [“Autumn ’68”] — that’s the Royal Albert Hall pipe organ. We did the Albert Hall on David’s tour which was the first time they’d been back since they got banned. Pink Floyd played the Albert Hall in 1968 and got banned for letting off cannons and nailing stuff to the floor! But when they were there in 1968, Rick had a go on the pipe organ. There was a Revox and some mics going in, so it was recorded. Damon Iddons, engineer is also our librarian, and he tracks all the things that are coming through, and he went, “Oooh, I’ll tell you what I’ve got! This is great!” It’s a great sound »

« Louder Than Words: Producer Andy Jackson Takes Us Exclusively Inside the Making of the Final Pink Floyd Album … », Mike METTLER, 22 October 2014.

Interstellar Overdrive (« Ummagumma Version») (Barrett, Waters, Wright, Mason/1969) 

Ce morceau, enregistré le 14 Mai 1969, n’a pas pu être inclus comme prévu dans la partie live de « Ummagumma » en raison des limitations inhérentes au vinyl selon Gilmour et Waters.

Waters : 

« Les 4 chansons du premier album sont une série de morceaux que nous avons joués dans tout le pays pendant un bout de temps, et nous avons décidé de les enregistrer avant de les abandonner. Ils ont changé un peu depuis la première fois où nous les avons enregistrés … Nous n’avons pas pu garder Interstellar Overdrive, nous pensions le mettre à part dans un disque bonus, mais cela ne put se faire ».

Unknow Interview, 1970. 


Waters:

« Only one song is missing: the famous ‘Interstellar Overdrive’, which, says Roger, we don’t dig very much. But there are plans to produce 2,000 acetates of the ‘live’ version of this song, which was left off the album, and distribute to the many people who have shown an interest in it »

« Troubled Waters »,  Melody Maker, 5 December 1970.


Waters:

« We gave one to John Peel and he really liked it, so we may make u these acetates for people »

« Pink Floyd Exclusive interview by Richard Williams »,  Melody Maker, 1st November 1969

Néanmoins, dans cette interview de 1971, Wright et Mason donnèrent un point de vue différents, ils n’étaient simplement pas très satisfait de la version proposée:

Interviewer : « (…) Oui. Comme Interstellar Overdrive. J’ai remarqué que vous n’en aviez pas fait un morceau live pour « Ummagumma » ».

Mason : « Non.  En fait, nous l’avons enregistré, et ensuite, nous ne l’avons pas mis sur l’album, je ne sais plus pourquoi, mais je crois ... »

Wright : « ... que ce n’était pas assez bon, je crois ».  

Mason : « C’était un album live très étrange en fait ».  

Wright : « Ouais ».  

« Ted Alvy’s Show », KPPC-FM, 16 Octobre 1971

Roger Waters dans une interview donnée au « Melody Maker » (le 1er Novembre 1969) indique qu'un tirage de 2000 acetates a été prévu pour satisfaire certains fans après que John Peel (qui reçu le premier) s'en montra satisfait. La bonne nouvelle est venu au mois de juin 2009 … les masters de ces enregistrement sont sortis en bootleg sous le label Yellow Record avec les versions non montés des titres déjà connu … et ce fameux Interstellar Overdrive!

The Narrow Way (Gilmour/1968) 

David a enregistré ce qui correspond aux parties deux et trois de ce titre dans son appartement sur un Revox 4 pistes entre la fin Août et le début de Septembre 1968. 

L'enregistrement, plus lent que la version finalement enregistré (et avec de nombreuses interférences dû aux radios, a été pressé à environ 30 exemplaires par son frère, Peter.

Ces acetates de 7" gravés par EMI a été distribué aux copains d'université de Gilmour.

« Improvisation in B minor » (non-crédité/1969) 

Lors du concert du 27 Avril 1969 au Mother’s Club de Birmingham, et juste avant d’attaquer Interstellar Overdrive, Waters annonce une improvisation unique en Si bémol. Ce concert étant enregistré pour la partie live de«Ummagumma», on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une tentative en vue d’offrir aux acheteurs quelque chose de neuf sur la face A de l’album. 

On peut noter que le motif de guitare développé par David (assez orientalisant en l’occurence) rappelle l’improvisation que l’on retrouve sur les répétitions du Royal Albert Hall filmé par Stern le 14 Avril 1969.

Jews Harp and the Windchimes (Gilmour/1969)

Une bande d’effet prévue pour être utilisée dans la partie réservée à Gilmour sur la face B de « Ummagumma ».

Embryo (Waters/1969)

Le morceau a été enregistré sous le titre I am the embryo le 26 Novembre 1968. On ne sait pas si ce titre a été prévu pour apparaître dans  l’album « Ummagumma » (cf. page «missing album»). 

Le morceau est sorti, après avoir été remisé le 13 Avril 1970,  sur le sampler « Picnic, A breath of fresh Air »sensé promouvoir tous les artistes du label Harvest.

Il est ressorti plus tard sur « Works » en 1983 (avec, cette fois, l’autorisation du Floyd), une compilation voulue par le label américain du groupe : Columbia.

En dehors d’une session BBC de décembre 1968, ce titra un des piliers des concerts du groupe entre le 18 Janvier 1970 et le 20 Novembre 1971 dans une version électrique avec un jam à l’orgue et à la guitare au milieu du titre. Lors de cette dernière date, la durée de la version culmina à 16 minutes! Le groupe lançait des bandes pré-enregistrées de rires d’enfants lors de l’exécution du titre.

Waters :  

« honnêtement, je n’arrive pas à m ‘en souvenir … cela date quand même de 20 ans (…) Ce n’est pas une chanson dont je suis fier … c’est pour cela elle ne fut jamais sortie sur un album. C’est sorti, je crois, sur une compilation ».

« Interview with Kevin Hilleré, ANZ Rocksat, May 1988.


Gilmour:

« Embryo was a track that we recorded in about '68 or '69 and we never finished. We all went off it for some reason. We never actually finished the recording of it. EMI got Norman Smith I think to mix it, and they released it without our okay, and that's one of the very very few tracks that we never actually finished. EMI got Norman Smith, I think, to mix it, and they released it without our okay.».

Moonhead (Gilmour, Mason, Waters, Wright/1969) 

Programme spécial diffusé par la BBC lors de l’alunissage de Apollo XI le 20 Juillet 1969. Il a été diffusé dans une série documentaire « Artistique » intitulée « Omnibus » et qui traitait des différentes perceptions et mythes que les gens portaient à la lune à l’époque (les loups-garous, le symbole du romantisme, les sélénites …) Le programme était sous-titré « But what if it’s made of green cheese ? ».

David Gilmour :

« Nous étions dans un studio de la BBC TV en train d’improviser pendant l’alunissage. C’était diffusé en direct et il y avait un panel de scientifique qui se tenait sur un côté du studio , avec nous de l’autre côté. J’avais 23 ans (…) Assez curieusement, je ne l’ai jamais réécouté depuis, mais c’est sur Youtube. Ils diffusaient le premier pas de l’homme sur la lune et ils pensaient qu’il fallait offrir des interludes où l’on pourrait nous voir improviser. Cela ne durait que 5 minutes. La chanson s’appelle Moonhead – c’est un joli blues de 12 mesures, atmosphérique. Je me souviens également qu’à l’époque, j’étais dans mon appartement à Londres, les yeux rivés sur la lune, en train de me dire : « il y a vraiment des gens qui se trouvent là-haut » (…) A cette époque, Pink Floyd marchait plutôt bien. Pendant un moment, le groupe était à la dérive et sa réputation était en train de sombrer. Je les ai rejoints en 1968, 18 mois avant l’alunissage. A ce moment nous étions en train de revenir au sommet.

C’était fantastique de penser que nous étions en train de réaliser un morceau de musique pendant que les astronautes se tenaient sur la lune (…) Cela n’a pas eu d’impact significatif sur nos travaux ultérieures. Je pense qu’à l’époque, Roger Waters, notre parolier cherchait plus à investir l’espace intérieur de l’esprit et de la condition humaine. Et je pense que ce fut comme la fin de notre exploration de l’espace extérieur.

Nous n’avons sorti aucun titre de ces séances d’improvisation. Nous faisions, à certaines occasions, de la musique qui pouvait s’apparenter à cette sorte d’improvisation qui se basait sur une telle structure. Et j’ai entendu des documentaires où je reconnaît ma musique. C’est très étrange de regarder un documentaire et d’entendre quelque chose qui vous appartient. Mais je n’ai aucun souvenir de la manière ou quand je l’ai réalisé. Je n’ai jamais oublié Moonhead, néanmoins. Après tout, ce n’est pas difficile de se souvenir exactement où cela a été réalisé ».

« My moon-landing jam session », The Guardian, 2 Juillet 2009.

« Rollo Soundtrack » (Gilmour, Mason, Waters, Wright/1969) 

Après le concert d’Amougies, le 25 Octobre 1969, ils rentrent en studio pour travailler sur la musique du pilote en travaillant sur des morceaux anciens et nouveaux. 

C’est une série de 17 heures et ½ de programme prévue pour être diffusée à la TV américaine (soit 26 épisodes de 30 minutes). Ce projet de Alan Aldridge (à l’origine plus tard du fameux « Butterfly Ball ») part de l’idée suivante : Un garçon, nommé Rollo, est allongé sur son lit et commence à rêver. Le lit prend vie quand apparaît deux yeux. Le lit se met à trembler pour réveiller le héros.

Un professeur l’ammène alors à travers l'espace afin de rencontrer des espèces animales inconnues. 

On entend parler pour la première fois de ce projet au sein d'un article du « Melody Maker » daté du 1er Novembre 1969. Selon un article de « Best » en Mai 1977 (dans la série « Pink Floyd Story »), Ils avaient travaillé d’anciens titres mais également écrits de nouveaux à l'instar du spectacle « The Massed Gadgets .... »

Wright :

« It'll be a lot of work, but we'll give them a stock of music to draw from for each episode (...) ».  

« Floyd - in the Pink! », Melody Maker, April 11th 1970. 


Gilmour :

« Nous nous sommes mis à mener une vie de dingues : nous n’arrêtions pas d’écrire de la musique, et de tourner en plus. Après  » Ummagumma « , nous nous sommes mis à faire la musique d’une série de dessins animés, « Rollo », et nous réalisâmes plus de quatre heures de musique (…) ».   

Waters : 

« Ils n’auraient pas dû payer pour cela. Nous avons collé quelques vieux trucs sur un pilote qu’ils avaient fait mais quand ils ont réfléchi à la façon dont ils devaient faire pour animer toute la série ils ont réalisé que le cout serait trop élevé (…) ».  

Mason

«On s’est rendu compte de la merde que cela aller être de faire ce cartoon. La couleur était excellente et les animations étaient très compliqués avec peu de perspectives utilisées».

« Pink Floyd », Zig-Zag, Mars 1973.

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